AGAPES FRANCOPHONES 2025
L’art et la recherche de la beauté en littérature 308 VM : Votre deuxième roman Les Amants météores est un roman qui traite d’une relation d’amour particulier : un lien entre une femme nommée Marianne et un homme (Virgile) homosexuel. Est- ce qu’on peut dire qu’à travers ce texte vous avez raconté un amour fou ? ECT : Oui, c’est l’histoire d’un amour fou, parce que c’est l’histoire d’un amour qui unit deux êtres qui n’auraient pas dû se rencontrer ni s’aimer : une femme et un homme homosexuel. C’est un amour qui se joue des préjugés et des identités de genre. C’est sur tout un amour tellement fort, tellement unique, qu’il va conduire Marianne et Virgile à imaginer un acte qu’on peut véritablement qualifier de « fou » tant il défie la raison et la morale ordinaire. VM : Vos romans sont des romans de filiations, mais dans vos textes, vos personnages vont également au-delà des identités de genre. ECT : Disons que souvent, chez mes personnages, le genre n’est pas un problème. Ils vont vivre, s’aimer selon d’autres critères, selon ce qu’ils sont en tant qu’êtres humains. Cela peut paraître un peu basique ou naïf, mais ce qui m’intéresse, ce sont les valeu rs humaines de chacun, bien plus que l’appartenance sexuelle, ou encore sociale, religieuse ou raciale. Ce qui m’intéresse chez quelqu’un, ce sont ses qualités humaines, sa bonté, son élégance, sa gentillesse. Ce n’est ni son genre ni quoi que ce soit d’autre. J’ai une méfiance vis -à-vis des étiquettes et de tout ce qui en voulant nous définir finit par nous enfermer. VM : Quels écrivains classiques et contemporains appréciez-vous ? ECT : Vaste question ! Parmi les classiques français, je citerais Victor Hugo, Émile Zola et Guy de Maupassant. John Steinbeck chez les Américains. Et Stefan Zweig, l’écrivain autrichien, pour son intelligence et sa délicatesse. Par ailleurs, je lis beaucoup de littérature contemporaine, j’adore ça. Parmi mes récents coups de cœur, il y a eu le roman de Marie Vingtras, Les Âmes féroces , et celui de Laurent Petitmangin, Ce qu’il faut de nuit . Et en littérature américaine, un roman de Ron Rash dont j’ai adoré l’écriture, Un pied au paradis , ainsi que celui de Dennis Lehane, Le Silence . VM : Quel est leur effet sur votre écriture et votre réflexion ? Que recherchez- vous dans la lecture et dans l’écriture ? ECT : Je crois que les auteurs qu’on aime et qu’on admire nous imprègnent, nous portent, nous guident. Et puis ils agrandissent notre paysage mental, notre imaginaire. Ils nous donnent tout simplement envie d’écrire, de créer aussi. Bref, ils nous sont indispen sables. Oui,
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