AGAPES FRANCOPHONES 2025

Entretien avec Éloïse COHEN DE TIMARY 309 je crois que c’est ce que je recherche avant tout quand je lis un livre ou quand j’en écris un. Je cherche à être émue, à être bouleversée. Et puis à éprouver du plaisir devant la beauté ou la poésie d’une langue. Mais ce que je cherche aussi, c’est à éprouver de l’empathie pour les personnages, à les comprendre, et ainsi à élargir ma compréhension de l’être humain. Nos vies personnelles sont limitées. Et la littérature nous permet de multiplier les expériences, les émotions, les points de vue. VM : Êtes-vous une lectrice obsessionnelle/compulsive ? ECT : Je n’avais pas encore analysé ma psychologie de lectrice ! Mais c’est vrai que, souvent, je pense beaucoup à un livre avant de l’acheter, je le désire, et puis j’ai une vraie satisfaction quand je l’ai enfin entre les mains. Donc je suis sans doute plus obsessionnelle que compulsive. Mais parfois aussi, j’achète un livre sur un coup de tête. Ce qui est certain, c’est que j’accumule beaucoup plus de livres que je ne peux en lire. VM : Quelle a été votre impression sur la nouvelle Une vie de Maupassant ? ECT : J’admire et j’adore ce roman. L’écriture est d’une incroyable modernité, mais aussi d’une grande profondeur. Et puis la narration est prenante. On peut le lire et le relire sans se lasser tellement ce livre est beau. VM : Ce qu’il restera d’eux est un roman qui raconte l’histoire d’une famille française à Tunis, depuis les années 1940 jusqu’à l’indépendance du pays en 1956. Peut -on aussi dire que ce roman est un roman féministe ? ECT : C’est intéressant comme question. Est - ce qu’un roman féministe est un roman dans lequel les femmes n’ont pas uniquement un rôle secondaire, de faire-valoir, un rôle qui mette en valeur les personnages masculins ? Est- ce que c’est donc un roman dans lequel les femmes ont un rôle central et un rôle moteur dans la narration ? Ou alors est- ce que c’est un roman qui s’attache à des détails et à des préoccupations traditionnellement liées aux femmes ? En particulier tout ce qui concerne la vie quotidienne, la cuisine, les enfants… ? Dans les deux cas, je crois que mon roman est un roman féministe, car les femmes y ont un rôle central et moteur dans la narration (c’est évident dans le cas d’Anne, la mère, une pionnière, qui va faire sa place dans un monde à l ’époque uniquement masculin, celui de la médecine ; mais c’est aussi le cas des autres femmes, Blanche la grand -mère, Susie

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