AGAPES FRANCOPHONES 2025

Les ruines romantiques : récit des origines, retour au présent Nathalie SOLOMON Université de Perpignan-Via Domitia-CRESEM solomon@univ-perp.fr Résumé : Le romantisme est le temps de la ruine, l’occasion de vivre dans l’hallucination, dans un rapport intime avec les figures et les histoires d’autrefois. Devant la ruine, le voyageur est littéralement transporté dans le passé, ce qui fait du parcours géogra phique le simple accessoire d’un voyage plus essentiel. Cependant ce voyage est d’abord celui des origines : la ruine est à la fois le moteur d’un rêve sur le passé, celui qui porte en germe du rêve et la trace d’un réel qui s’impose, mais seulement à celu i qui sait voir. Antique, médiévale, Renaissance ou naturelle, elle met littéralement nos racines sous nos yeux. Déclencheur fantasmatique, elle est aussi ce qui permet au voyageur romantique et à son lecteur de tendre la main au passé et parfois de s’y in staller. Mots-clés : romantisme, ruines, voyage, origines, passé. Abstract: Romanticism is the era of ruins, the chance to live an hallucination, an intimate relationship with past histories and characters. Facing ruins, the romantic traveler is literally carried into the past, which replaces the geographical trajectory with a more essential one. But this journey is first of all a journey to the origins: ruins are at the same time what makes a dream about the past possible, and the trace of something real – real only to these who are able to see. Either ancient, medieval, from the Renaissance or natural, ruins literally place our roots under our eyes. It is what leads to fantasy but also what drives the romantic traveler to the past where he is able to settle down as if at home. Keywords: romanticism, ruins, traveling, origins, past. Lieu par excellence, ancrage suprême, la ruine romantique est une des figurations les plus éclatantes et les plus célèbres de l’origine : origines historiques et fantasmées, objet scientifique revendiqué par les Lumières et les premières grandes ambitions archéologiques, mais aussi par un certain romantisme qui préfère la poésie à l’histoire, comme le dit Chateaubriand en forme de programme de voyage dès les premiers chapitres de l’Itinéraire de Paris à Jérusale m 22 . Ce dont 22 Dorénavant désigné à l’aide du sigle IPJ , suivi du numéro de la page.

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