IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

105 IN HONOREM – MARIA ŢENCHEA de Paul Desjardins, des manuscrits de Cioran et de Gabriela Melinescu ; vint alors le tour de ce journal d’un botaniste remarquable, datant de 1958. Comment l’idée m’était-elle venue de me pencher sur ce texte original et exigeant, alors que je n’avais pas de compétences dans ce domaine ? Eh bien, lors d’une discussion avec ma chère professeur Maria Ţenchea. C’est elle qui avait généreusement mis à ma disposition les manuscrits d’Alexandre Borza… qui n’était pas autre que son grand-père. Curieuse, intéressée, intriguée… et aussi un peu méfiante (allais-je pouvoir en tirer quelque chose, puisque la botanique n’était vraiment pas ma tasse de thé ?!), j’ai relevé le défi. Je n’ai jamais été à l’aise devant un public et, pour compliquer un peu plus la donne, la semaine précédant le grand jour, un virus m’avait fait garder le lit : cela n’avait guère contribué à ma détente, bien au contraire. Le professeur Ţenchea a fait le voyage et, avec sa bonne humeur habituelle, elle m’a encouragée et m’a accompagnée rue d’Ulm. Nous avons présenté ensemble ce magnifique journal, et l’auditoire s’y est intéressé. On nous a posé de nombreuses questions, les photocopies du manuscrit ont circulé dans la salle, le public était sincèrement intéressé. Étaient présents : Philippe Lejeune, Catherine Viollet (†), Françoise Simonet-Tenant, Véronique Montémont, Marie-Françoise Lemmonier-Delpy… En sortant de l’École normale, ce samedi ensoleillé de mai, nous avons déambulé heureuses dans les rues du quartier mythique en parlant de choses et d’autres. Comme avant. Comme toujours. Conciliant, le temps semblait avoir arrêté, un instant du moins, sa course frénétique. Le Quartier latin était encore le quartier des livres, et l’ambiance était à la fête. (Depuis, les librairies ferment l’une après l’autre, remplacées par des boutiques de mode ; néanmoins, l’immense librairie des Presses universitaires de France [PUF] avait déjà fermé ses portes 5 ans plus tôt) ! En écrivant ces lignes, j’ai sous les yeux le beau volume de poèmes Locul/Le Lieu de Constantin Novacescu, traduit par Maria Tenchea – c’est le dernier en date. De tout mon cœur, je voudrais la remercier pour cette lecture, pour toutes les autres. Et je m’incline devant le poème qu’elle a elle-même traduit… c’est comme si hier aujourd’ hui et demain étaient pétrifiés dans maintenant et que les mondes tenaient tous en un point l’aleph Paris (01/10/2025)

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