IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025
109 (RE)INTERPRÉTATION DES NOMBRES DANS LA CONSTRUCTION A, peut-être B Diana ANDREI Conceptrice des épreuves TCF chez France Éducation international, Paris 1. BREF ÉTAT DES LIEUX 1.1. Peut-être et les nombres Le fait d’avoir choisi de montrer le caractère argumentatif des nombres dans le discours politique à travers la construction A, peut-être B , n’est pas le fruit du hasard. Au contraire, nous considérons qu’une telle piste d’analyse est tout à fait envisageable. Cette évidence vient du fait que, lorsque nous décrivons les nombres, ainsi que peut-être indépendamment de toute construction dans laquelle on peut les intégrer ensemble par la suite, nous constatons qu’ils expriment les deux une certaine idée d’imprécision. Cette dernière prend ses origines dans le fait que peut-être exprime la possibilité , alors que les nombres expriment l’ approximation . Dans ce qui suit, nous allons préciser en quoi consiste la possibilité exprimée par peut-être . Par la suite, nous allons préciser ce qu’on comprend par la notion d’ approximation exprimée par les nombres. Ce n’est que dans un troisième temps que nous allons analyser la façon dont la possibilité et l’approximation, en tant que modalités d’expression de l’imprécision, se combinent à l’intérieur de la construction A, peut-être B , favorisant ainsi, dans certains contextes, le passage d’une interprétation purement quantitative des nombres à une interprétation argumentative (qualitative). 1.2. Peut-être et la possibilité Pour arriver à préciser en quoi consiste le caractère possible de peut-être , il va falloir définir d’abord l’adverbe. La démarche s’annonce, au moins à un premier abord, simple, vu que la définition de peut-être ne semble pas donner lieu à des
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=