IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025
124 En termes des échelles argumentatives de Ducrot, nous aurons : Toute ambiguïté liée au caractère factuel vs argumentatif de la construction A, peut-être B est ôtée si l’énonciateur même exprime clairement son choix, comme dans : (4) « Et pour cause. Les cas comme celui de Demjanjuk se comptent par centaines, peut-être même par milliers. Des Allemands, bien sûr. Mais aussi des naturalisés américains, des Russes, des Polonais, des Baltes, des Roumains ou des Ukrainiens. » ( Le Monde , 23/12/2009) où il n’y a aucun doute par rapport à l’emploi argumentatif de la construction. A est une façon de décrire le phénomène d’adhésion au mouvement nazi comme grave , alors que B correspond au superlatif très grave . Au contraire, si l’énonciateur n’avait pas utilisé même , la construction aurait été susceptible de double interprétation : factuelle et argumentative. D’où nous concluons que la principale difficulté consiste à distinguer l’emploi factuel de celui argumentatif en absence de même . Car en sa présence, on ne parle que d’emploi argumentatif. La distinction joue un rôle essentiel dans la réception et la compréhension correcte par le destinataire du message que l’énonciateur veut transmettre. Il est essentiel de déterminer si un argument est un simple exemple ou s’il est l’exemple le plus important d’une série donnée. La distinction est d’autant plus importante lorsqu’on parle du domaine de la politique où les situations sont volontairement maintenues dans une zone qui donne lieu à diverses interprétations. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES Anscombre, Jean-Claude & Ducrot, Oswald, 1983, L’argumentation dans la langue , Bruxelles, Lièges, Pierre Mardaga. Badiou, Alain, 1990, Le Nombre et les nombres , Paris, Seuil. Croft, William, 2001, Radical Construction Grammar . Oxford, Oxford University Press. Diana Andrei
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