IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025
143 LE PARADOXE EST QUE P / L’ERREUR SERAIT DE INF : REMARQUES SUR LE FONCTIONNEMENT DE QUELQUES NOMS SOUS-SPÉCIFIÉS (NSS) AYANT DES USAGES ATTITUDINAUX Alexandra CUNIŢĂ Professeure émérite Université de Bucarest Il y a […] un « enveloppement réciproque » 1 de la parole et de la pensée. (P. Leconte, Merleau-Ponty, une esthétique du langage , 2023 : 18) INTRODUCTION Paradoxe et erreur , les deux noms sujets des structures mentionnées dans le titre de la présente contribution, sont des dénominations caractérisées par une « sous- spécification d’ordre sémantico-conceptuel » ‒ en ce sens qu’elles « ne donnent pas naissance à des représentations précises […] des objets auxquels [elles] renvoient virtuellement » (Legallois 2006) ‒ et qui, de ce fait, sont nécessairement associées à des compléments propositionnels (CP) qui en fournissent le référent. La pauvreté sémantique qui les caractérise ‒ et qui réduit à zéro leur référentialité propre, suggérant de la sorte des similitudes avec les pronoms anaphoriques ou faisant penser à un emploi indexical ‒ leur permet d’entrer en relation avec des segments linguistiques de longueur variable, allant jusqu’aux dimensions d’une proposition ou d’une suite de propositions, grâce auxquels une relation d’« identité d’expérience » (Schmid 2000, apud Flaux 2021) s’établit temporairement dans le discours entre ces « noms-contenants » et une configuration référentielle relativement simple ou, au contraire, bien compliquée, imposée par la situation de communication. Au dire de certains chercheurs, le nombre 1 Pour l’expression citée, voir M. Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception , p. 212.
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