IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025
144 des unités lexicales qui servent à labelliser par un élément nominal une information plus ou moins complexe remonterait à plusieurs centaines, mais les chiffres varient d’une part, avec les classes de mots ‒ noms proprement dits ou bien noms et résultats de nominalisations adjectivales et verbales ‒ prises en considération pour le calcul global, d’autre part, avec la diversité des structures syntaxiques considérées comme révélatrices de la nature de ces lexèmes. Nombreuses et hétérogènes, ces unités se répartissent entre plusieurs classes dont chacune se divise à son tour en sous-classes. Les noms sous-spécifiés sur lesquels porteront nos remarques sont des noms généraux inclus dans la classe qu’à la suite de Schmid (2000 : 4), Adler (2012 : 13-14) appelle « des noms factuels ayant des usages attitudinaux, c’est-à-dire qui transmettent l’attitude du locuteur à l’égard de la réalité couverte ». Exprimant un jugement évaluatif sur l’état des choses transmis par la complémentation propositionnelle : (i) Le véritable prodige serait de nous maintenir jusqu’aux portes de la mort dans l’état et avec l’apparence d’un adulte de trente ou quarante ans, frais et dispos, de nous installer à tout jamais dans l’âge de notre choix. (P. Bruckner, Une brève éternité. Philosophie de la longévité , 28) ces « noms-contenants » sont des marques de la subjectivité. En tant que subjectivèmes, dans la présente contribution ils seront interprétés et décrits à la lumière des principes fondamentaux de la théorie des modalités de Gosselin (2010). Contribution empirique, l’analyse à laquelle nous procéderons ne sera pasmenée dans une perspective quantitative, même si les spécialistes du domaine sont d’avis que la fréquence d’emploi de ces mots dans divers genres de discours est un paramètre particulièrement important pour leur caractérisation, pour l’identification des noms généraux de toute espèce. L’étude ‒ portant sur des exemples fournis par les dictionnaires et surtout par des textes littéraires du XX e siècle et du premier quart du XXI e siècle ‒ est structurée en deux parties : la première partie reprend et développe la description des NSS esquissée ci-dessus ; la seconde est réservée à la présentation des fonctions que les noms généraux attitudinaux assurent, comme d’ailleurs toutes les classes de « contenants », au niveau du texte. La conclusion de l’étude passe en revue les résultats de l’analyse et propose un bref arrêt sur des perspectives potentielles de la recherche. 1. APPROCHE SÉMANTIQUE ET SYNTAXIQUE DES NOMS SOUS-SPÉCIFIÉS 1.2. Les noms généraux Identifiés pour la première fois en tant que catégorie distincte de formes nominales par Halliday et Hasan (1976), les noms généraux ( general nouns ) sont Alexandra Cuniță
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