IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025
165 IN HONOREM – MARIA ŢENCHEA vue par Gosselin (2010) comme marqueur de la validation des représentations. Dans la section faisant suite à cette première partie de notre étude empirique, nous avons porté notre attention sur les noms généraux ayant des usages attitudinaux, modalisateurs qui s’inscrivent surtout dans les catégories modales de l’appréciatif et de l’axiologique, et tout à fait exceptionnellement dans celle du boulique. Nous y avons abordé plusieurs questions dont celle de l’effet d’intensification obtenu par l’association d’adjectifs non classifiants aux NSS en emploi attitudinal, ou celle de la création d’un effet de « grossissement », dans le discours médiatique, par le recours à certaines formes de titres bisegmentaux dans les journaux, mais nous avons insisté surtout sur la question de la place qu’un NSS ayant des usages attitudinaux peut occuper dans une production discursive, car s’il est placé en début de texte, le NSS ou le syntagme nominal dans lequel il apparaît introduit le topique ; placé en toute fin, il peut signaler qu’une nouvelle problématique sera ouverte ou tout simplement que le problème en débat devra être traité dans le futur. Cependant, c’est la question de la contribution de ces évaluatifs au maintien de la cohérence textuelle que nous avons placée au centre de la dernière partie de notre étude, tout en essayant de ne pas perdre de vue les rôles respectifs de l’anaphoricité, des relations logiques et surtout des structures d’enchaînement dans la création d’un discours ‒ texte ou séquence textuelle ‒ cohésif et cohérent. De nouveaux regards sur ces NSS en emploi porteur apporteraient une analyse plus fine de la dimension argumentative de ces noms et des conséquences de nature pragmatiques 32 que pourrait avoir leur présence dans diverses productions verbales. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES Adler S. (2012), « Trois questions relatives aux noms généraux factuels attitudinaux », Scolia , 26, 11-37. Adler S. (2014), « Évaluation, référence et noms généraux attitudinaux », Langue française , 184, 93-108. https://doi.org/10.3917/lf.184.0093 ( consulté le 12 mai 2025) Adler S. (2017), « Les noms généraux ‒ <shell nouns> ‒ participent-ils à une lecture taxinomique de type Hiérarchie-être ? , Syntaxe & Sémantique , 18, 45-66. DOI : 10.3917/11.018.0045 (consulté le 12 mai 2025) 32 Nous aimerions inviter déjà le lecteur curieux et bienveillant à s’engager dans un exercice de réflexion critique sur ces aspects à partir de ces deux derniers exemples : (xxiii) Une question tragique. Tragique parce qu’elle débouche sur un dilemme : aujourd’hui la France a un besoin vital, pour sa puissance et son honneur, d’une immigration, qui représente un danger mortel pour sa société. (P.-H. Tavoillot, Voulons-nous encore vivre ensemble ?, 81) (xxiv) À quoi il faut ajouter ce paradoxe supplémentaire : si être soi-même, c’est se libérer des chaînes, encore faut-il qu’il reste quelques chaînes. D’où cette tentation trouble de rechercher frénétiquement ce qu’il y aurait encore à déconstruire dans le champ de ruines de la modernité tardive : le genre, le langage, etc. ( id. , 186-187).
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