IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

164 de cohérence lient surtout des unités linguistiques de niveau supérieur, telles que les propositions, les phrases, les suites de phrases. La cohérence est le résultat du phénomène de l’anaphoricité, des relations de ressemblance, des relations de contiguïté, des relations logiques comme la relation cause / effet, cause / conséquence, cause / résultat. Mais les textes littéraires ou scientifiques impliquent d’ordinaire l’articulation d’unités supérieures (beaucoup) plus amples, comme les paragraphes, les chapitres et sous-chapitres. À ce niveau-là, les analystes ont repéré l’existence d’un certain nombre de structures d’enchaînement qui caractérisent les séquences narratives ou les séquences explicatives, ou encore les séquences argumentatives, etc. Dans cette hiérarchie qui montre que les différentes articulations du texte étudié, par exemple, ne concernent pas des unités linguistiques de même niveau, les structures d’enchaînement se situent quelque part entre les relations responsables de la cohésion-cohérence de la séquence textuelle et celles qui en assurent l’identité. Cette organisation interne rigoureuse garantit la cohérence discursive de l’ensemble. Comme on l’a constaté en suivant l’analyse proposée pour l’exemple (xxii), les NSS ayant des usages attitudinaux ‒ qui marquent toutes les « phases » du procès porté à notre connaissance ‒ remplissent plusieurs rôles dans la séquence textuelle : ils « caractérisent » le contenu d’un fragment de texte plus ou moins étendu, évaluent le contenu référentiel ou dénotatif qu’ils encapsulent, fournissent à ce contenu une « enveloppe » conceptuelle provisoire plus facile à mémoriser – éventuellement à remémorer ‒ que l’expression plurilexicale d’une réalité complexe, permettent de reprendre en anaphore l’information qu’ils ont modalisée, manifestant ainsi un comportement pronominal, et surtout jouent un rôle important dans la conservation de la cohérence textuelle, grâce à la propriété qu’ils ont de « perspectiviser » des tranches d’information variables. CONCLUSION Dans cet article, nous nous sommes d’abord intéressée aux propriétés sémantiques et syntaxiques des noms sous-spécifiés, sans distinction de classe et sous-classe, ainsi qu’aux fonctions qu’ils remplissent en général dans le discours. Constatant qu’en dépit de la pauvreté frappante de la description ontologique de leur contenu, ils expriment tous un jugement d’un type ou autre, qui a pour point de départ une base fournie par le cotexte pré-nominal ou post-nominal, nous y avons vu des termes évaluatifs, positifs ou négatifs, qui révèlent la subjectivité du locuteur. Ou plutôt qui instituent une relation bien intéressante entre énonciateur, énonciataire et objet-cible de l’évaluation, impliquant aussi la question des normes de toute espèce dont l’énonciateur doit tenir compte dans l’expression de son jugement. Nous avons choisi de mener notre analyse dans le cadre du modèle fourni par la théorie de la modalité, catégorie grammaticale Alexandra Cuniță

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