IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

241 IN HONOREM – MARIA ŢENCHEA L’adaptation tient compte du « contexte et de la finalité » de la traduction (Lederer, 1994 : 124). Le procédé de la conversion s’applique lors du transfert des plats ayant une fonction sociale. L’ethnocentrisme consiste dans la naturalisation par la substitution des faits de sa propre culture à ceux évoqués par le texte de départ. L’explicitation consiste dans l’ajout de précisions supplémentaires aux informations d’origine de manière à faciliter la compréhension des faits de culture par les lecteurs de la traduction. La relation traducteur – lecteur cible et la relation explicite – implicite sont essentielles lors du transfert des éléments culturels par l’application du procédé de l’explicitation : Le traducteur l’aide [le lecteur de la traduction] en explicitant certains des implicites du texte original et en employant des moyens linguistiques suffisants pour désigner les référents pour lesquels il n’existe pas de correspondance directe dans sa langue. Le lecteur de la traduction n’en saura autant que le lecteur autochtone, mais il ne restera pas non plus ignorant. (Lederer, 1994 : 123) Marianne Lederer (1994 : 125) mentionne les noms d’individus et de catégories comme des cas d’explicitation : « Les noms remplissent une fonction d’identification d’individus et de catégories ». Les noms d’individus sont conservés tels quels dans la traduction, alors que les noms de catégories impliquent la traduction par l’identification. Lederer (idem) donne l’exemple du nom propre Safeway qui renvoie au nom d’un supermarché américain, traduit par explicitation : « le supermarché Safeway ». On peut même ajouter comme terme explicitant la nationalité du supermarché : « le supermarché américain Safeway », pour un plus de précision. Le procédé de l’explicitation est essentiel dans la traduction communicative, centrée sur le destinataire de la traduction. Ce procédé est expliqué de manière adéquate par Marianne Lederer : Le principe de l’explicitation est fondamental en traduction. Dans le rapport implicite–explicite que connaît tout texte, l’auteur suppose présente chez son lecteur une quantité d’informations que le traducteur possède aussi mais que le lecteur étranger ne possèdera pas ou ne possèdera pas intégralement. Le bon traducteur modifie avec doigté le rapport implicite/explicite de l’original pour atteindre un nouvel équilibre implicite/explicite dans sa langue. (Lederer, 1994 : 126) 2. DESCRIPTION DE LA DÉMARCHE Afin d’illustrer le principe de l’explicitation lors du transfert des éléments culturels propres au numérique, notre choix s’est porté sur la publication Industrie & technologies , disponible sur le site français Usine nouvelle , plus précisément sur

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