IN HONOREM | MARIA ȚENCHEA | 2025

95 À LA PROFESSEURE MARIA ŢENCHEA. BOUQUET DE TENDRES PENSÉES Ileana Neli EIBEN Maître de conférences Université de l’Ouest, Timişoara La linguistique et la traductologie représentent non seulement deux sciences qui, par leur nature, sont intimement liées l’une à l’autre, mais aussi deux des domaines auxquels la professeure Maria Ţenchea a apporté une précieuse contribution : par son activité didactique dans plusieurs universités roumaines et par ses recherches. Au fond de mon cœur et de ma mémoire, je garde d’elle l’image d’une universitaire tant affectueuse, avec qui les discussions stimulantes se prolongeaient au-delà des salles de cours, que dynamique et curieuse, prête à aborder des sujets inédits et à embarquer ses collègues et disciples dans de nouvelles aventures académiques. En tant qu’étudiante à l’Université de l’Ouest de Timişoara vers la fin des années ’90, j’ai eu la chance d’approfondir mes connaissances du français grâce aux cours de syntaxe donnés par la professeure Maria Ţenchea. Très structurées, selon la logique et la cohérence de la matière qu’on était en train d’approfondir, les leçons qu’elle nous a transmises ont fixé à jamais dans ma tête des structures telles : verbes français qui, à la différence de leurs équivalents roumains, sont suivis de la préposition « à » et se construisent avec un COI (« mentir à quelqu’un », « conseiller à quelqu’un » en seraient des exemples) et, à l’inverse, verbes qui exigent l’emploi d’un COD bien qu’en roumain on ait une préposition après (« se rappeler », « épouser »), le participe présent qu’il faut distinguer de l’adjectif verbal (à ne pas confondre « fatiguant » et « fatigant », « provoquant » et « provocant ») et tant d’autres choses encore. Elle nous a aussi enseigné que le terme « épithète », en français, il faut le relier à la grammaire et non pas à la stylistique comme en roumain, que ce sont de faux amis et qu’il faut éviter les interférences terminologiques entre les deux langues. Ce ne sont là que quelques- uns des savoirs qu’elle nous a transmis non pas par des cours magistraux, comme il

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