Filiation protéiforme | 2026

149 Le Cercle d’Antonio Tabucchi et Toutes les familles d’Andrea Bajani : rupture de la filiation et question de la stérilité Malgorzata KOBIALKA Université de Nanterre, France La question n’est jamais ce qui est en train d’arriver […] La question de tous les temps est toujours : Qu’est-ce qui est sur le point de revenir ? (Pascal Quignard, Dernier royaume ) Résumé : Cet article explore, à travers l’analyse de la nouvelle Le Cercle d’Antonio Tabucchi et du roman Toutes les familles d’Andrea Bajani, l’hypothèse selon laquelle la littérature agit comme une mémoire collective, où les histoires familiales non transmises ou occultées peuvent ressurgir sous forme de symptômes ou de fantômes intérieurs. En examinant comment la rupture de la filiation ou de la transmission peut affecter le corps et la psyché (jusqu’à entraîner la stérilité), l’étude suit une démarche comparative entre deux récits italiens contemporains pour, afin de montrer comment le geste de redonner une place aux absents et de soigner la mémoire familiale ouvre un chemin de guérison symbolique pour les vivants. Les résultats mettent en évidence que revisiter le passé, accueillir ses ombres et en révéler les traces permet de réparer la transmission interrompue et de transformer une mémoire enfouie en promesse d’avenir. Mots-clés : filiation, stérilité, symptôme, fantôme, trace, histoire, mémoire.

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