Filiation protéiforme | 2026
69 Père absent, identité fragmentée : quête de filiation et reconstruction de soi chez Annie Lulu et Véronique Tadjo Ioana MARCU Université de l’Ouest de Timișoara/Centre d’études francophones, Roumanie Avoir le mal du père, c’est […] la tristesse […] sans raison connue. C’est la nostalgie d’une contrée jamais visitée. Les « filles sans père » deviennent « des filles du père » à partir du moment où elles reconstruisent le souvenir. (Louise Grenier, Filles sans père) Résumé : Cet article explore la manière dont le déplacement et la quête des origines influencent la construction identitaire dans deux romans francophones contemporains : La Mer Noire dans les Grands Lacs d’Annie Lulu et Loin de mon père de Véronique Tadjo. À travers les figures de Nili et Nina, deux narratrices confrontées à l’absence ou au silence du père, ces récits mettent en scène une filiation en creux qui déclenche une enquête intime et mémorielle. Le déplacement – géographique, symbolique et temporel – devient un levier essentiel de restitution, permettant aux protagonistes de reconstituer une mémoire familiale fragmentée et de se réinscrire dans une lignée. En croisant mémoire individuelle et histoire collective, ces romans proposent une réflexion sur la transmission, la réparation et la redéfinition de soi. Loin d’être de simples récits de voyage, ils s’inscrivent dans une dynamique de reconstruction identitaire où la parole, l’enquête et la mémoire deviennent des outils de résilience face à l’héritage du silence. Mots-clés : filiation, déplacement, (re)construction identitaire, mémoire, absence du père.
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