AGAPES FRANCOPHONES 2009

AGAPES FRANCOPHONES 2009 116 Dans (35), on a introduit l’indéfini toat ă et l’on a supprimé, en même temps, le correspondant de pas du tout (l’adverbe deloc ), tandis que dans (36) on a renforcé l’idée négative par l’ajout de l’adverbe deloc (négation forte). Comme on l’a déjà vu, on introduit parfois, dans la traduction, l’adverbe aspectuel présuppositionnel mai (« plus »), qui explicite la nuance itérative (attente contredite d’une itération possible, procès télique) : (37) Il s’est montré fort irrité et n’a pas voulu revenir de cinq jours . (Gide 1964, 180) → S-a ar ă tat foarte iritat ş i n-a mai vrut s ă revin ă timp de cinci zile . ( n. trad .) (« il s’est montré fort irrité et n’a plus voulu revenir pendant cinq jours ») On a introduit, à l’intérieur du groupe verbal, l’adverbe mai (« plus ») qui souligne l’absence, pendant l’intervalle de référence, du procès télique [ lui – revenir ]. 3.2. Avant + Nég La préposition avant exprime l’antériorité, ayant pour correspondant en roumain le relateur înainte de . Cependant, dans le cas des énoncés négatifs, surtout lorsque la négation porte sur le SP, on se heurte à certaines difficultés de nature contrastive. Dans certains contextes, le roumain n’accepte pas l’emploi du relateur înainte de : il existe des contraintes combinatoires qui imposent le choix d’un autre relateur, ce qui relève, en fait, d’une interprétation différente de l’énoncé (en rapport, néanmoins, avec le sens fondamental de la préposition avant ). Cela arrive, le plus souvent, dans les structures impliquant une vision prospective. Dans ces cas, la traduction met en jeu des mécanismes parfois assez complexes : on opère des modulations portant sur le relateur prépositionnel avant , en même temps que des changements visant le lexème verbal et/ou la structure négative. Nous distinguerons deux types de situations, en fonction du repère temporel (moment ou intervalle quantifié). 3.2.1. Nég + avant R (vision prospective) Le SP du français marque l’antériorité de l’absence d’un procès par rapport à un repère R, dans une vision prospective. Le rapport temporel sera réinterprété en roumain soit comme antériorité d’une durée « vide » par rapport à une limite finale, soit comme coïncidence du procès avec le repère, la négation étant interprétée comme négation restrictive.

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