AGAPES FRANCOPHONES 2009

AGAPES FRANCOPHONES 2009 147 vicomte. À cause d’une chaîne de faiblesses, la jeune fille respectable devient une débauchée qui se complaît dans la posture d’amante d’un homme qui ne l’aime pas. Seulement la possibilité de naître un enfant avec un homme qu’elle n’aime pas et qui ne sent rien pour elle la réveille et détermine sa résolution de rentrer au Couvent. Une réplique à cet épisode de la harangue entre Cécile et Valmont se trouve dans le roman de Valmont. Dans l’âme sensible d’Emma Bovary, le statut du Rodolphe est pareil au statut du Danceny dans la vie de la jeune Cécile. Aux fameux comices agricoles, le plus important évènement de l’année dans cette petite ville, Rodolphe trouve l’occasion de rester tout seul avec Emma. La sensibilité exagérée de la jeune femme est vite saisie par cet homme à femmes et la séduction est explicite, à travers les paroles : « C’était la première fois qu’Emma s’entendait dire ces choses ; et son orgueil, comme quelqu’un qui se délasse dans un étuve, s’étirait mollement et tout entier à la chaleur de ce langage. » (Flaubert 1945, 130). Dans la scène de la promenade à cheval, Flaubert tout comme Laclos, illustre le rapport de forces inégal entre l’homme et la femme. Mais ici aussi il y a une différence d’approche de ce rapport : tandis que l’effort physique de résister au séducteur est sincère au cas de Valmont, Emma Bovary déclare qu’elle veut revenir chez soi seulement pour garder les apparences de femme vertueuse. Peu à peu, l’amour pour Rodolphe augmente et Emma devient de plus en plus imprudente par ses visites inopinées. Quand elle se trouve seule chez soi, elle choisit de passer son temps aux bras de son amant, en oubliant presque complètement son ménage, son mari et surtout sa fille. Cet excès sentimental la rend belle et saine, constitue pour elle une permanente joie de vivre. La jeune femme idéalise une simple aventure extraconjugale. Sa fantaisie et son opinion sur l’amour influencent beaucoup son comportement. En dehors de sa fantaisie, Emma, tout comme la jeune Cécile du roman de Laclos, a le goût du risque et de l’aventure amoureuse. Cacher ses aventures, cela fait que tant Emma que Cécile se sentent différentes entre les autres et intéressantes. Emma Bovary est trop sensible et sa conception sur l’amour choque parfois son amant. Ses sentiments se manifestent de plus en plus fort, ce qui impressionne négativement Rodolphe. Ses idées d’exprimer l’amour sont perçues comme bien ridicules : Rodolphe réfléchit beaucoup à cette histoire des pistolets. Si elle avait parlé sérieusement, cela était fort ridicule, pensait-il, odieux même

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