AGAPES FRANCOPHONES 2009

AGAPES FRANCOPHONES 2009 170 nous avons décidé de nous arrêter sur le monstre romantique, puisque nous le trouvons complexe et provoquant par les sous-entendus cachés dans l’œuvre de Victor Hugo. Celui-ci débute comme romancier en 1823 lorsqu’il publie le roman Han d’Islande qui a comme sources d’inspiration : les romans de Walter Scott, Le Voyage en Norvège de J. Chr. Fabricius, L’Histoire de Danemark de P. H. Mallet, les romans de Maturin Melmoth et Bertram etc (v. Jean-Bernard Barrère, 53). Ce roman a un « plan », une « disposition, combinaison de scènes et effets », et « un humour pesant » qui font du récit drame et parodie à la fois (Henri Meschonnic, 48). Mais ce qui nous intéresse de ce roman c’est qu’ici fait son début dans l’œuvre de Victor Hugo le personnage-monstre, Han qui a « une tête effroyable […] avec des cheveux rouges et un rire atroce », ses membres sont « trapus et nerveux, ses vêtements sauvages et sanglants, ses mains crochues » 1 . En plus, il s’agit d’un bandit qui tue à sang froid, donc il est un monstre d’une méchancetè sans bornes. Il a des continuateurs dans d’autres personnages de Victor Hugo, comme Habibrah de Bug-Jargal qui : […] était de ces êtres dont la conformité physique est si étrange qu’ils paraîtraient des monstres s’ils ne faisaient rire. Ce nain hideux était gros, court, ventru, et se mouvait avec une rapidité singulière sur deux jambes grêles et fluettes, qui, lorsqu’il s’asseyait, se repliaient sous lui comme les bras d’une araignée. Sa tête énorme lourdement enfoncée entre ses épaules, hèriseèe d’une laine rousse et crépue, était accompagnée de deux oreilles si larges, que ses camarades avaient coutume de dire qu’Habibrah s’en servait pour essuyer ses yeux quand il pleurait. (OC, 286-287). Gwymplaire de L’Homme qui rit : La nature avait été prodigue de ses bienfaits envers Gwymplaire. Elle lui avait donné une bouche s’ouvrant jusqu’aux oreilles, des oreilles se repliant jusque sur les yeux, un nez informe fait pour l’oscillation des lunettes de grimacier, et un visage qu’on ne pourrait regarder sans rire. (Victor Hugo, Œuvres Complètes . Roman III , 2002, 531) et, bien sûr, Quasimodo de Notre Dame de Paris qui est un des plus connus romans de Victor Hugo. La preuve est qu’il a inspiré beaucoup de films français et américains. En plus, de nombreux critiques se sont arrêtés pour _____________ 1 Œuvres complètes, Roman I , éd. Jacques Seebacher, coll. Bouquins, 2002, p. 164.

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