AGAPES FRANCOPHONES 2009
AGAPES FRANCOPHONES 2009 177 l’abandonne aux mains des archers, il est arrêté et condamné au pilori, tout à cause de son père. Cette même scène où Quasimodo est flagellé, sert aussi à montrer que les sentiments du «chien» ne sont pas tout à fait au plaisir du «maître». Déçu par celui qui aurait pu être son «sauveur», Quasimodo fait place dans son cœur à sa victime de la veille, la Esmeralda, qui vient lui porter secours en lui donnant à boire. Dès ce moment, l’«empire» de Frollo sur le bossu va diminuer peu à peu jusqu’au « renversement total du rapport dominant/dominé » (Henri Scepi, 110) de la fin du roman, quand l’archidiacre est poussé par Quasimodo du haut des tours de Notre-Dame. Il y a une autre scène qui révèle aussi ce rapport de dominant/dominé entre Frollo et Quasimodo : la tentative de viol de Claude contre Esmeralda, que le bossu fait échoir : En un clin d’œil le prêtre fut terrassé, et sentit un genou de plomb s’appuyer sur sa poitrine. À l’empreinte anguleuse de ce genou, il reconnu Quasimodo ; mais que faire ? la nuit faisait le sourd aveugle. Il était perdu. La jeune fille sans pitié, comme une tigresse irritée, n’intervenait pas pour le sauver. Le coutelas se rapprochait de sa tête ; le moment était critique. Tout-a-coup, son adversaire parut pris d’une hésitation. – Pas de sang sur elle ! dit-il d’une voix sourde. C’était en effet la voix de Quasimodo. (OC, 772) Cette scène fonctionne aussi comme une annonce de la dernière. Cette fois- ci Quasimodo recule en reconnaissant son père adoptif, car il en restait dans son cœur de la reconnaissance pour celui-ci. Mais voir l’archidiacre éclater d’« un rire de démon, un rire qu’on ne peut avoir que lorsqu’on n’est plus homme » (OC, 856), après avoir fait tuer la Esmeralda laissa Quasimodo sans pitié et il devint le châtiment de son père. Alors Quasimodo commet le parricide pour la bohémienne, ce qui « réactive le schéma oedipien» et ce dénouement «résout [seulement] l’opposition du père et du fils dans un geste de rupture irréversible. » (Henri Scepi, 120). La liaison entre Esmeralda et Quasimodo est révélée au livre VI où l’on apprend que l’un a été échangé par l’autre, mais il s’agit d’ « un échange symbolique », et ce lien des origines rapprochera les deux protagonistes par la suite dans les moments clés du roman. Ainsi, ils s’entreaident tout d’abord sur le pilori quand Esmeralda répond à l’appel désespèré du bossu assoiffé et lui porte de l’eau, et puis Quasimodo, à son tour, empêche que la bohémienne soit pendue en l’arrachant des mains des bourreaux, salut pour salut, comme l’explique Quasimodo lorsque la jeune fille lui demande
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