AGAPES FRANCOPHONES 2009
AGAPES FRANCOPHONES 2009 178 pourquoi il l’avait sauvée: «Une goutte d’eau et un peu de pitié, voilà plus que je n’en paierai avec ma vie. Vous avez oublié ce misérable ; lui, il s’est souvenu. » (OC, 761). Cette attitude bizarre de la jeune fille envers celui qui avait essayé de l’enlever n’a d’explication que dans leur passé, car le lien qui les unit dès leur naissance les fait agir, de manière inconsciente, comme s’ils étaient des frères. Alors, c’est cette liaison fraternelle qui rend leur amour impossible et non le fait que le bossu est vraiment trop laid. D’ailleurs une relation d’amour entre les deux serait comme, un « inceste » (Henri Scepi, 121) par ce même « trait de fraternité ». En outre, il paraît que le destin travaille pour éviter ce péché : il fait qu’Esmeralda tombe amoureuse d’un autre homme. Pourtant, même s’ils sont séparés dans la vie, ils seront réunis dans la mort, car « le lien de leur origine sera renoué dans la cave de Montfaucon » (Henri Meschonnic, 75). Une autre relation de parenté unie Quasimodo et Jehan Frollo, car tous les deux ont été adoptés par Claude, « promu chef de famille » (Henri Scepi, 117) après la mort de ses parents. Ils sont donc une espèce de frères, et vers la fin du roman, Quasimodo tue Jehan tout comme Caïn tue Abel, mais la faute revient à Claude: « Caïn, qu’as-tu fait de ton frère? […] Je l’ai recueilli, je l’ai élevé, je l’ai nourri, je l’ai aimé, je l’ai idolâtré, et je l’ai tué. » (OC, 837). À côté de la parenté, l’amour aussi approche les personnages, mais, ce n’est pas pour créer des relations d’harmonie, tout au contraire, l’amour crée des rivalités. Le principal motif de ces rivalités est le belle Esmeralda. Celle-ci devient le centre d’attention de tous, car elle attire tous les regards et devient l’objet à conquérir de trois hommes : Quasimodo, Frollo et Phoebus. Tout d’abord, elle attire les regards des gens du peuple, sur qui son nom seul a « un effet magique », « ceux qui restaient dans la salle [du Palais de Justice] se précipitent aux fenêtres, grimpant aux murailles pour voir et répétant : la Esmeralda ! la Esmeralda ! » (OC, 550). Ce comportement de la populace n’est pas étonnant car la « danse de la Bohémienne est ballet des sens, chorégraphie du désir. Elle associe aux élans corporels les lois d’une attraction universelle. » (Henri Scepi, 102). Même le sceptique Gringoire est fasciné par cette danseuse aux « yeux de flamme » qu’il compare avec « une salamandre », « une nymphe », « une déesse » et encore avec « une bacchante du Mont-Ménaléen » (OC, 537). C’est une des raisons pour lesquelles il décide de la suivre dans la nuit. Mais il n’est pas le seul, car il y a eu un autre spectateur dans la place qui tenait les yeux « sans cesse attachés à la bohémienne » (OC, 538). Ce spectateur
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