AGAPES FRANCOPHONES 2009

AGAPES FRANCOPHONES 2009 184 d’adages qu’elle possède. Ces structures figées qu’on vient d’énumérer renvoient toujours à l’histoire, à la civilisation, à la culture et à la spiritualité de cette nation. Le proverbe – composante identitaire d’un peuple Pour soutenir notre affirmation antérieure, nous allons présenter des exemples concrets: tout d’abord, l’expression idiomatique française tirer les vers du nez à quelqu’un qui signifie “questionner habilement quelqu’un pour lui arracher des secrets”. C’est une expression française très ancienne – Rabelais l’utilise vers 1550 dans son chef-d’œuvre Gargantua et Pantagruel . Même si, à une première vue, on croit que l’on comprend sa forme, si on regarde d’une manière plus attentive, on va découvrir des choses étonnantes : le ver ne fait pas du tout référence à l’animal, mais cela veut dire vrai ( ver étant un mot - du français moyenâgeux - de la même origine que vérité ). Les choses sont beaucoup plus claires maintenant. Pourtant, cette expression reste bizarre: pourquoi du nez ? L’explication nous est donnée par une vielle coutume du droit normand : si un homme adressait de fausses injures criminelles à un autre, alors, le premier devait payer une amende à la justice et, aussi, il devait entrer dans l’église - un jour solennel – en se tenant du bout du nez et en disant: J’ai menti . Donc, cette expression idiomatique est un exemple de l’évolution du français à travers l’archaïsme ( le ver ) et une coutume normande ancienne. L’expression reste liée à la civilisation française, à l’histoire de l’ancien droit français et à l’histoire de la langue française. Prenons maintenant comme exemple un proverbe français: Les chevaux courent les bénéfices et les ânes les attrapent. Ce proverbe transmet l’idée qu’on n’accorde pas toujours les places ou les grâces à ceux qui les méritent. Ce proverbe est attribué au roi de France, Louis XII (XVème siècle) qui a utilisé cette phrase, construite sur une sorte de calembour – cheval vs. âne – pour ironiser les seigneurs ignorants qui couraient pour solliciter des bénéfices qu’ils obtenaient, généralement, parce qu’ils arrivaient les premiers grâce à leurs chevaux. Par conséquent, ces seigneurs étaient les ânes dont il s’agit dans le proverbe. Alors, dans ce dernier, l’histoire de France se mêle à une anecdote amusante. Prenons un autre proverbe qui illustre une autre liaison possible, c’est-à- dire entre la parole proverbiale et la littérature française : Chacun son métier, les vaches seront bien gardées. Cela veut dire que pour la réussite

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