AGAPES FRANCOPHONES 2009

AGAPES FRANCOPHONES 2009 23 I. Paris, synthèse d’un certain espace et d’un certain temps, donc chronotopique. II. Paris, mesure axiologique du monde connu. III. Paris, axis mundi. IV. Paris, composante identitaire. Expliquons. Il y a deux idées qui hantent la pensée et la vie staëliennes: la liberté et la ville de Paris, si étroitement liées que l’absence de l’une annule l’autre, trouvées dans une balance dont l’équilibre est impossible à rétablir l’une sans l’autre. I. Paris c’est la place et le temps de son enfance et de sa première jeunesse : Je ne dissimule point que le séjour à Paris m’a toujours semblé le plus agréable de tous : j’y suis née, j’y ai passé mon enfance et ma première jeunesse ; la génération qui a connu mon père, les amis qui ont traversé avec nous les périls de la Révolution, c’est là seulement que je puis les retrouver. Cet amour de la patrie, qui a saisi les âmes les plus fortes, s’empare plus vivement encore de nous, quand les goûts de l’esprit se trouvent réunis aux affections du cœur et aux habitudes de l’imagination. (DA 244) II. Être à Paris c’est être au milieu du monde où se déroule la vraie histoire : « Au commencement de l’hiver de 1802 à 1803, quand je lisais dans les papiers que Paris réunissait tant d’hommes illustres de l’Angleterre à tant d’hommes spirituels de la France, j’éprouvais, je l’avoue, un vif désir de me trouver au milieu d’eux. » (DA 244) III. Les salons les plus batailleurs et les plus hardis sont à Paris : « La conversation française n’existe qu’à Paris et la conversation a été, depuis mon enfance, mon plus grand plaisir. » (DA 244) « Mon salon redevint peuplé et je retrouvai ce plaisir de causer à Paris, qui, je l’avoue, a toujours été pour moi le plus piquant de tous. » (DA 213) IV. Elle a été accusée par Napoléon de ne pas être Française et d’ici la défense de Mme de Staël : « Je suis plus Française que lui, il n’y est que naturalisé (...) : j’y suis née [à Paris], j’y ai passé mon enfance et ma première jeunesse. » (DA 244) On se rend compte que ce type d’accusations ont été ressenties d’une manière douloureuse. Lorsque l’Empereur l’avait accusée d’avoir écrit un livre dangereux pour le public, De l’Allemagne , elle a pris ses remarques malicieuses pour tout à son honneur, vu l’originalité

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