AGAPES FRANCOPHONES 2009

AGAPES FRANCOPHONES 2009 28 La décision politique d’arabisation et l’installation de commissions de suivi de l’application des textes, portaient la querelle à son paroxysme. La déclaration du romancier algérien de langue arabe Tahar Ouattar, après l’assassinat de Tahar Djaout en est le parfait exemple. Pour ce qui est de l’écriture dramatique, il faut remarquer, d’abord, qu’elle existe dans les trois langues : l’arabe, le français, le tamazight. Les différentes expériences théâtrales dans ces langues ne posent, en réalité, aucun problème. Cependant, les pouvoirs exercent une certaine censure sur le choix de la langue et la thématique développée dans la pièce. Pour faciliter la programmation, il faut, en premier lieu que la pièce soit écrite en langue arabe et doit, en second lieu traiter de thème relevant de la politique officielle. En d’autres termes, il y a une sorte de discours ambivalent qui, officiellement, n’interdit aucune représentation, mais sur le plan pratique, la censure demeure au niveau de la programmation et de la liberté de se produire. Par conséquent, la question se pose d’une manière plus discrète. La langue, qui est un choix politique, est l’élément clé dans la pratique théâtrale. Mais, avec l’intégrisme, c’est l’art dramatique en général qui été pris pour cible. Ainsi, les dramaturges Algériens de langue dialectale ont été la cible des assassinats; l’assassinat de Abdelkader Alloula et de Azzeddine Medjoubi. D’autres dramaturges Algériens ont choisi de quitter l’Algérie et de s’installer en France. Ces derniers ont pu réaliser des expériences dans un pays où la pratique théâtrale présente une autre réalité. Ils ont vécu une expérience dans une autre langue et ont pu aussi découvrir un autre public. Ils se sont produits même dans d’autres pays et c’est ce qui leur a permis de voir une autre conception de la question de la langue. Ainsi, lors d’un voyage au Canada, le dramaturge Slimane Benaissa (1992) découvre une autre population qui a un rapport différent à la langue française. Dans une interview, le dramaturge dit : Du Canada, je n’ai connu que le Québec francophone. Les Québécois ont développé une réflexion intéressante. Ils revendiquent le français comme leur langue, sans l’influence française, ils se défendent même contre une telle influence. Cela m’a rappelé un peu la situation linguistique de notre pays et les conflits qui ont beaucoup plus d’intensité que là-bas, n’empêche que le Québec connaît des

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