AGAPES FRANCOPHONES 2009
AGAPES FRANCOPHONES 2009 56 au grand drap de velours noir où luisait le doux éclat d’argent de sa lettre initiale. » ( JC , 151-152). « Claude reprenait douloureusement possession de son nom. Oui, elle se souvenait qu’elle était née Corvol. » ( JC , 155). […] « Claude Corvol reprenait pleine possession de son nom, passionnément. Là même où elle l’avait perdu. » ( JC , 157). […] « C comme Corvol. […] C comme Claude Corvol, fille de Vincent Corvol. ( JC , 157) En même temps, il est évident que le nom et le prénom apparaissent avec insistance pour souligner aussi la reprise de l’identité que Claude avait été obligée d’abandonner. Ensuite, à la manière de ce fragment cité plus haut et où la répétition du pronom personnel « il » était un moyen d’insister sur le blocage obsessionnel d’Ambroise Mauperthuis, le féminin du pronom est utilisé abondamment dans cet épisode de récupération identitaire. Parfois il peut apparaître jusqu’à quatre fois à l’intérieur de la même phrase : « Elle déchirait sa robe de noces, elle rejetait son nom d’épouse, – elle se répudiait elle-même pour retrouver l’honneur de son nom de jeune fille. » ( JC , 151). Les autres mots qui apparaissent à plusieurs reprises pourraient être regroupés selon ce qu’ils dénomment. Il y a des mots traduisant l’attente dans un état d’exil par rapport à soi-même, des mots faisant référence à Catherine, à Camille (la « peau de traître » ou de « mue ») ou bien les Mauperthuis (la « peau de mensonge » ou de « détresse », la « mésalliance », le « dégoût »). Il y a aussi les mots associés à la récupération identitaire qui se fait pourtant partiellement à rebours, par l’intermédiaire du souvenir : le « père », son « nom », la « maison de son père », le « tombeau » de la « mémoire » reconquise. D’autres mots sont ensuite répétés par rapport à d’autres personnages dans le but de traduire cette attente comblée. Par exemple, renié par son Ambroise, Ephraïm puise son bonheur dans l’amour auprès de Reine qui lui apporte ce qu’il désire le plus : l’oubli de sa douleur de fils rejeté et de la haine contre un père s’étant toujours montré brutal. Comme pour se contrebalancer, les mots « oubli » et « haine » apparaissent à plusieurs reprises au sein du même fragment. Il n’en est pas ainsi de Camille, une fois qu’elle découvre l’amour auprès de Simon. Cette alternative à la cage dorée dans laquelle le vieux Mauperthuis la tient enfermée lui fait miroiter une échappatoire. À l’indifférence succède la joie et ce n’est pas tant sa découverte que la prise de conscience de la liberté qu’elle pourrait lui apporter qui lui fait rêver de l’éternité comme d’un « beau fruit encore pendu à l’arbre et tout tiédi par le soleil, que l’on enserre entre ses paumes avant de le cueillir. » ( JC , 218). Désirer ce fruit
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