AGAPES FRANCOPHONES 2009

AGAPES FRANCOPHONES 2009 80 Ils tournèrent l’angle d’une petite rue étroite qui se perdait en bas d’un ravin. Au fond on voyait la porte fermée d’une belle ferme. Dès qu’ils furent arrivés à la palissade, M. Toma frappa de sa canne dans la porte. Aussitôt ce furent les chiens qui répondirent . Vitoria se hâta pour passer devant et poussa la porte. Elle tira la baguette qu’elle portait sous le bras, pour se défendre. M. Toma la suivit de près, tendant attentivement le cou, pour voir ce qui se passait. Trois chiens se précipitèrent en clabaudant. Soudain, le gros, qui se trouvait au milieu, s’arrêta net. Les autres firent pareillement, puis ils se dispersèrent en continuant d’aboyer. Celui du milieu se tenait immobile, le regard fixé sur les hôtes. C’était un gros chien au poil gris et abondant, aux oreilles et à la queue écourtées, d’après l’habitude des bergers montagnards. Vitoria se passa la baguette dans la main gauche et tendit vers lui la main droite. – Mon Loup ! (notre traduction) La relation de coordination est dominante ; le passé simple s’impose : il s’agit d’actions rapides, achevées au moment même où l’auteur les présente. (C’est le moment de l’énonciation). Presque tous les verbes sont au passé simple ; les adverbes îndat ă -aussitôt et deodat ă - soudain soulignent l’aspect momentané exprimé aussi par les verbes prédicats. L’imparfait apparaît deux fois seulement ( st ă tea, era ) pour exprimer un état duratif. Puisque le moment où se passent toutes les actions est le moment « présent », d’autres temps, comme le subjonctif présent ( s ă treac ă , s ă apere, s ă vad ă ) et le présent de l’indicatif ( se întâmpl ă ) apparaissent normalement ; c’est le présent exprimant la simultanéité par rapport au passé simple p ăş i – il (la) suivit. Si on voulait transposer le texte en français, on devrait employer les mêmes temps passés, à savoir le passé simple et l’imparfait, avec les mêmes valeurs aspectuelles. Au niveau des formes, il y aurait une seule différence, sans que l’on puisse observer une différence de valeur modale : à la place des verbes au subjonctif présent, en roumain, il y aurait des verbes à l’indicatif, en français. La valeur modale reste inchangée, le subjonctif et l’infinitif expriment le but de l’action. La différence essentielle entre le texte roumain et sa variante française serait donnée par les valeurs temporelles du passé simple en roumain et en français. Si en roumain le texte est rattaché au moment « présent » (T 0 ), en français, il serait rattaché à un passé lointain car le passé simple interrompt généralement, en français, la liaison avec le

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