AGAPES FRANCOPHONES 2009
AGAPES FRANCOPHONES 2009 81 présent. Le passé simple est un temps qui caractérise, selon E. Benveniste, le système de l’énonciation historique. Ce système imposerait l’emploi du morphème de l’imparfait à la place de l’indicatif présent dans la proposition complétive : « Domnu Toma p ăş i … ca s ă vad ă ce se întâmpl ă . » - « Monsieur Toma la suivit de près… voir ce qui se passait ». Dans le deuxième texte, situé au début du chapitre suivant (le chapitre XIII), le récit des événements se fait à l’aide du passé composé pour exprimer des faits antérieurs au moment où l’on parle. Les discours indirect et surtout indirect libre caractérisent ce texte narratif. Le nouveau maître du chien de Victoria Lipan raconte comment il avait trouvé, quelques mois auparavant (« ast ă -toamn ă » - « l’automme dernier ») le chien égaré dans les montagnes : (11) Dând l ă murire la întrebarea nevestei, ar ă t ă c ă acest câne de pripas a venit la gospod ă ria lui ast ă -toamn ă , din râpile muntelui. L- a v ă zut dând târcoale ; pe urm ă s-a suit pe-un colnic ş - a urlat , cum url ă cânii în singur ă tate. A coborât ş i s-a a ş ezat în preajm ă , supunându- se cu pântecele de p ă mânt. Munteanul a în ţ eles c ă poate s ă fie un câne r ă t ă cit de la ciobanii care au trecut cu oile. L- a judecat de ş tept ş i vrednic dup ă înf ăţ i ş are ş i a strigat la nevast ă s ă -i caute o bucat ă de m ă m ă lig ă rece. I- a adus m ă m ă liga aproape ş i i- a l ă sat -o. El s- a apropiat ş i a mâncat -o lacom, din dou ă înghi ţ ituri. A venit la poart ă , a ş teptând s ă i se deie drumul. Gospodarul a deschis poarta… (Sadoveanu, Baltagul , XIII, 141-142) – Donnant des explications à la question de la femme, il dit que ce chien vagabond était venu à la ferme en automne, des ravins de la montagne. Il l’ avait vu rôder aux alentours, puis il était monté sur une butte et s’était mis à hurler, comme font les chiens solitaires. Il en était descendu et s’était assis , ventre à terre. Le montagnard avait compris que c’ était peut-être un chien de berger égaré après le passage des troupeaux. Il l’ avait jugé intelligent et adroit et il avait dit à sa femme de lui apporter un morceau de polenta froide. Il lui avait apporté la polenta et la lui avait laissée . Le chien s ’en était approché et l’ avait avalée avidement, en deux gorgées. Il était venu à la porte, attendant qu’on lui ouvrît. Le paysan ouvrit la porte. (notre traduction) Comme on le voit, la relation syntaxique de coordination est dominante aussi dans ce texte. Les deux textes s’opposent chronologiquement ; l’opposition chronologique est réalisée par l’opposition formelle et
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