AGAPES FRANCOPHONES 2009

AGAPES FRANCOPHONES 2009 92 1. Contexte Au moment de son adoption, en 1977, la Charte de la langue française 1 n’a pas prévu de dispositions relatives aux universités. La loi ne visait pas l’enseignement universitaire et pendant 25 ans il n’y a pas eu de politique linguistique dans les établissements universitaires. Le 29 juin 2000, une vingtaine d’années après l’adoption de la Charte de la langue française, la ministre responsable de l’application de la Charte, Louise Beaudoin, a mis en place un débat public concernant le présent et le futur du français au Québec : il s’agit de la C ommission des États généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec , présidée par Gérald Larose, connue aussi sous le nom de Commission Larose . Le contexte économique, social et politique québécois avait énormément changé depuis les années 1970. L’essor des nouvelles technologies, le nouveau spectre démographique à la suite de la politique d’immigration et la mondialisation étaient autant de facteurs qui avaient déterminé le gouvernement québécois à vérifier sa stratégie de protection de la langue française. On a voulu consulter de nouveau les citoyens, afin de prendre le pouls de la société et de déceler les orientations que les Québécois souhaitaient donner à la protection de la langue française. Le mandat de la Commission Larose a été d’identifier et d’analyser les facteurs qui influençaient le présent et l’avenir du français et de formuler des recommandations dans le but d’assurer l’utilisation et la qualité du français au Québec. La commission a analysé entre autres la situation du français dans les universités québécoises et a formulé des recommandations, dont voici quelques unes : Que chaque université se dote d’une politique linguistique institutionnelle en faveur du français précisant ses objectifs en matière de gestion, d’enseignement, de recherche, de transmission de la connaissance, de service à la communauté, de diffusion et de rayonnement du français et les responsabilités de l’ensemble du personnel et des étudiants à ces égards. […] _____________ 1 Pièce maîtresse de la législation québécoise qui impose l’usage exclusif du français dans l’affichage public et la publicité commerciale, étend les programmes de francisation à toutes les entreprises employant cinquante personnes ou plus et restreint l’accès à l’école anglaise aux seuls enfants dont l’un des parents a reçu son enseignement primaire en anglais au Québec.

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