AGAPES FRANCOPHONES 2010
AGAPES FRANCOPHONES 2010 136 collections du musée du Caire. Il est, en d’autres mots, difficile de sous- estimer l’importance de la figure d’Auguste Mariette pour ce qui concerne la présence de la France et du français en Égypte d’un côté, et pour ce qui concerne la passion d’Égypte bien française de l’autre. Le petit Mariette Auguste Mariette naît dans une famille bourgeoise, originaire du Boulonnais. Son nom de famille est assez répandu dans la région, mais on a quand même pu retracer l’histoire de sa famille jusqu’en 1612 (Pierre Mariette, 1612-1688). C’est une famille de procureurs, notaires, avocats, mais elle compte aussi un corsaire, Guillaume Mariette, né en 1735. Il participera à une expédition contre l’Angleterre, sera fait prisonnier et, de retour en France, se fera homme de lettres. C’est le grand-père de Mariette. Le père de Mariette, Paulin, né en 1793 sera un homme beaucoup plus calme : il se fera docteur en droit. Il travaillera à la mairie de Boulogne et le petit Mariette y jouera sous le toit. Il ira à l’école au collège communal, créé en 1835. Ce dernier sera rebaptisé « Lycée Mariette ». Actuellement encore, il s’y tient une université d’été qui reçoit des étudiants en FLE de toutes les nationalités, dont l’égyptienne. L’auteur de cet article y a enseigné la didactique du français à des enseignants égyptiens, tous passionnés de la langue de… Mariette. Auguste Mariette, quant à lui, n’est pas exactement un élève modèle : Ses camarades ont gardé de lui le souvenir d’un enfant blond, presque roux, mince, élancé, vigoureux, très vif, très turbulent, plein d’entrain et de bonne humeur, sujet parfois à des mouvements de brusquerie et de colère dont il revenait vite et se montrait fort repentant. Il était assez peu porté vers l’étude et il ne manifestait d’autre penchant sérieux qu’un goût très marqué pour le dessin : des qu’il put tenir un crayon, il se mit à couvrir les murs de la maison de bonshommes variés, surtout de soldats… (Gaston Maspéro, cité par David 1994, 21-22) À la fin du lycée, il récolte quelques prix, quand même (Géométrie, Physique et chimie, prix de composition), bref, ce n’est pas un cancre. Or, Mariette suspend ses études à 16 ans (1837), pour devenir aide-rédacteur à la mairie (1837 - 1839). Il doit copier les actes dans les registres communaux, ce qui lui demande un grand effort, étant donné qu’il a une écriture de vache enragée. En 1839, il part à l’aventure en Angleterre : on lui propose de remplacer un professeur de français et de dessin à Stratford- upon-Avon, ville natale de Shakespeare. Il va y enseigner à la Shakespeare House Academy , une école qui prépare les jeunes garçons à l’entrée dans les Public Schools de la région. Il y restera six mois (jusqu’en juillet 1840), mais ne retourne pas tout de suite en France : il va mettre à profit ses
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