AGAPES FRANCOPHONES 2010
AGAPES FRANCOPHONES 2010 137 talents artistiques en dessinant des modèles dans une fabrique de rubans de Coventry. Cela lui rapporte une livre par semaine, mais après quelques mois, il rentre en France. Reprise des études, début d’une carrière d’enseignant Mariette a vingt ans, il a un bagage culturel non négligeable, de l’ambition, mais, il n’a pas de diplômes et pas de fortune. Il lui faut, avant tout, le baccalauréat. Il l’obtient en six mois (août 1841) ! Avant même d’avoir obtenu ce diplôme, il est engagé comme maître d’étude au Collège communal. À la rentrée 1842, il est chargé de la classe de huitième (deuxième année du collège actuel), et en 1843, il sera chargé de la classe de l’école primaire supérieure annexée au Collège (il gagnera 1400 francs par an). Monsieur le Principal Dardenne est content de Mariette, mais, il lui reproche parfois son comportement : « Ce jeune homme a une tête vive et il est vrai qu’il s’est laissé emporter, deux fois, par la colère, au point de donner un soufflet à deux élèves. » (Dardenne, au Recteur, le 4 juin 1840, cité par David 1994, 24) En fait, Dardenne cherche à remplacer Mariette, mais il ne trouve aucun remplaçant. À la rentrée, Mariette devient Régent de septième, et le restera jusqu’en 1849, date où se termine sa carrière d’enseignant. L’enseignement ne suffit pas à remplir sa vie : dès 1848, il collabore au journal La Boulonnaise , il écrit pour l’Almanach de Boulogne , et pour l’ Annotateur . Il y écrit des chroniques d’histoire locale, d’histoire de France et d’Angleterre, y analyse les problèmes régionaux, il y aborde également la fiction romanesque, la politique internationale, la critique artistique … 1842 sera une année décisive pour lui : un lointain cousin, Nestor l’Hôte vient de mourir, et Paulin Mariette (le père d’Auguste donc) est chargé de classer ses papiers. Nestor l’Hôte était le dessinateur de l’expédition franco-toscane, menée par Champollion et Rossellini dans la vallée du Nil. À la lecture du texte, Auguste rêve. Il commence à se passionner pour l’Égypte, reprend les écrits des classiques grecs (Hérodote, Plutarque) et latins (Diodore de Sicile, Strabon), il visite régulièrement la collection égyptienne du musée local, où se trouve un sarcophage dont on a longtemps dit qu’il avait appartenu à Vivant Denon (membre de l’expédition de Bonaparte, créateur du musée du Louvre). Il essaie d’apprendre seul les hiéroglyphes. Cette dernière tâche est difficile, pour la bonne et simple raison que La description d’Égypte , faite avec les résultats de l’expédition scientifique qui accompagna Bonaparte, contient de superbes planches, avec, çà et là, des hiéroglyphes totalement fantaisistes. Le sarcophage de la collection de Boulogne, lui aussi, lui pose des problèmes : le vendeur de cette pièce − qui n’a donc jamais appartenu à Vivant Denon − l’a « restaurée » en y collant
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