AGAPES FRANCOPHONES 2010

AGAPES FRANCOPHONES 2010 142 au Consulat de France, où on lui signifie qu’il ne pourra rien obtenir sans l’accord du patriarche copte, qui réside au Caire. Au cours de ses promenades et visites dans Alexandrie, il remarque dans les jardins du comte Ménandre Zizinia, citoyen grec et consul de Belgique, une douzaine de sphinx en calcaire qui proviennent probablement de Sakkara. Au Caire, il voit encore des sphinx du même type. Sa curiosité est piquée, mais, il est là pour recueillir des manuscrits coptes… Or, Mariette a beaucoup de chance (et l’égyptologie aussi) : comme les Anglais se sont approprié les manuscrits en soûlant les moines, le patriarche ne laisse plus personne s’approcher de ses moines et de leurs précieux manuscrits. L’expédition de Mariette, va-t-elle être un échec total ? Mariette est plutôt content, lui : le Musée du Louvre n’avait-il pas donné comme ordre de mission qu’il ferait « accessoirement » des fouilles ? Mariette se dépêche donc à Sakkara, où il croit que le Sérapéum l’attend : il doit y avoir une allée de sphinx, exploitée clandestinement depuis quelques années. Or, ses fouilles à lui sont clandestines, elles aussi... Sakkara est un immense champ de ruines. Mariette erre dans le désert, essayant de comprendre la topographie des lieux, lorsque soudainement, il voit une tête de sphinx dépasser du sable : elle ressemble à celles qu’il a déjà vues ! Il fait le rapprochement entre ce sphinx et un passage de Strabon (58 av. - 25 après JC) : On trouve (à Memphis)… un temple de Sérapis dans un endroit tellement sablonneux que les vents y amoncellent des amas de sable sous lesquels nous vîmes des sphinx enterrés, les uns à moitié, les autres jusqu’à la tête, d’où l’on peut conjecturer que la route vers ce temple ne serait pas sans danger si l’on était surpris par un coup de vent. Il s’agit maintenant de trouver le sphinx suivant, et le suivant, qui le conduirait ainsi au sanctuaire de Sérapis. Sur la route, il trouve des tombeaux, dont celui du Scribe Sekhemka (Ancien Empire), dont la statue se trouve maintenant au Louvre. Puis, il découvre ce que l’on appelle l’hémicycle des philosophes et d’autres statues grecques de l’époque des Ptolémées. Mariette dort sur place, à la belle étoile, puis dans une petite cabane où s’entassent les objets découverts. Lentement, ses succès commencent à être connus : Mariette s’approche du Sérapéum ! Du coup, il n’est plus un humble archéologue semi-clandestin, qui envoie ses trouvailles au Louvre, mais un rude concurrent ! Les autres « égyptologues » (Allemands, Anglais, chercheurs de trésors) convainquent ses ouvriers de ne pas se rendre au travail ; on lui coupe les victuailles et l’eau. Mariette, colosse de 1 m. 85, se rend lui-même au village, entre avec fracas dans la demeure du Cheikh, et lui donne un tel coup de poing que ce dernier change définitivement d’avis.

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