AGAPES FRANCOPHONES 2010

AGAPES FRANCOPHONES 2010 143 Mariette se trouve maintenant près de l’entrée du Sérapéum. Il trouve des centaines de statues et d’amulettes en bronze, dont la rumeur dit qu’elles sont en or pur. Le gouvernement égyptien, exhumant les lois de protection des monuments – que personne ne respecte – ferme le chantier. Les adversaires de Mariette, ont-ils finalement gagné ? Quatre fonctionnaires viennent à l’inspection, tandis que Mariette est absent. Ils s’installent chez lui, boivent son café, fument ses cigares. Notre géant les chasse à coups de botte et porte plainte. Il obtient des excuses, mais non la réouverture du chantier. Entre temps, ses concurrents peuvent continuer… Après un mois, il peut lui aussi, reprendre les fouilles, mais son budget a déjà pris un rude coup. Vu l’importance de sa découverte, la France lui envoie de nouveaux crédits. Avec une lettre très malheureuse : le Parlement vote un crédit supplémentaire de 30000 francs « applicables aux travaux de déblaiement d’un temple dédié à Sérapis, découvert parmi les ruines de Memphis, et au transport en France des objets d’art qui en proviendraient. » (David 1994, 77) Les fouilles sont de nouveau interrompues sur l’ordre du gouvernement égyptien, qui veut que les objets soient envoyés au Caire. Mariette avait-il vraiment arrêté ses fouilles ? Non, il avait tout simplement continué la nuit… On raconte qu’il a fait descendre des inspecteurs embêtants dans des caveaux vides pour les y laisser méditer quelques heures sans nourriture et sans eau. Il aurait cambriolé les dépôts où étaient entassés les objets destinés au Caire, chargé des visiteurs d’objets destinés à Paris. Finalement, le 12 novembre 1851, il atteint l’entrée des grands souterrains avec les tombeaux des taureaux sacrés. Survient un compromis avec le gouvernement égyptien : les 513 objets déjà trouvés peuvent être exportés en France, ce qui suivra restera en Égypte. Jusqu’à nouvel ordre, les fouilles sont interdites. Mais pas de problème ! Par une toute petite ouverture, pratiquée au ras du plafond, Mariette et ses complices (Bonnefoy, l’Egyptien Hamzaouï et un certain Francesco, probablement un Maltais) entrent chaque nuit au Sérapéum, pour continuer les fouilles. Il découvre vingt-quatre tombeaux Apis de l’époque tardive (663-30 avant notre ère). Le jour, il écrit les notes des fouilles, emballe les objets trouvés et chasse les fouilleurs clandestins comme passe-temps favori. Et puis, un beau jour, il apprend qu’il est promu attaché à la Conservation égyptienne du Louvre, et avec la lettre qui annonce sa nomination, débarque Madame Mariette. Éléonore Mariette ne tenait plus en France et vient s’établir avec ses enfants dans la petite maison des fouilles. La « Villa Mariette » restera debout jusqu’en 1958. Un visiteur allemand, Heinrich Brugsch, écrit qu’il fallait se boucher les oreilles pour ne pas entendre les chacals hurler la nuit et vérifier s’il n’y avait pas de scorpions, ni rats, ni serpents sous le lit…

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