AGAPES FRANCOPHONES 2010

AGAPES FRANCOPHONES 2010 144 En 1852, Mariette peut reprendre les travaux au grand jour. On trouve de nouveaux caveaux, intacts, qui portent encore l’empreinte, très émouvante, de ceux qui les ont fermés (ce qui inspirera Théophile Gautier pour Le roman de la momie : on est en plein romantisme). Et les objets trouvés ? Mariette convainc le fonctionnaire égyptien que les antiquités se composent toujours de plusieurs éléments, ce qui fait que le Louvre recevra en définitive 2500 objets, au lieu de 513… Pour les expédier en secret, Mariette à même recouvert de sable quelques découvertes sensationnelles ! Parmi ces dernières, il y a la tombe de Khaemouaset, fils de Ramsès II. En fait, son sarcophage a été découvert par hasard, lorsqu’on a fait sauter un bloc de pierre qui retardait les fouilles. Mariette pensait que ce prince avait été enterré près des taureaux, mais aujourd’hui on pense tout simplement que le sarcophage était dans un caveau au-dessus des taureaux, caveau qui se serait effondré au moment où on a fait sauter le bloc de pierre. Quoi qu’il en soit, cette découverte nous a valu quelques bijoux incomparables qui ont appartenu à Ramsès II. Les feuilles d’or qu’il trouve sont fondues et vendues pour financer le reste des fouilles. Ces dernières sont presque terminées, et Mariette songe à publier les résultats. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il y mettra toute sa vie et qu’ils seront publiés de façon posthume… (Gaston Maspero le fera en 1883) Le Directeur des Musées nationaux enjoint Mariette de retourner à son poste à Paris, ce qu’il fait, de fort mauvaise grâce. C’est un homme marqué par la dureté des fouilles qui rentre en France, il est toujours énergique, facétieux même, mais ses traits ont acquis une certaine mélancolie : « Il éprouvait tout l’orgueil d’un homme qui sent que les yeux du monde entier sont attachés sur lui par suite d’une grande découverte, mais qui a conscience de ne pouvoir dominer en pleine connaissance de cause l’immense quantité des matériaux et qui est contraint d’en abandonner la mise en œuvre à d’autres. » (H. Brugsch, ami et collègue allemand, cité par David 1994, 94) C’est la gloire, en effet, mais, ne sera-t-elle que passagère ? Mariette se sent à l’étroit au Louvre et ses collègues sont jaloux : ils lui reprochent de ne pas publier, et se moquent de lui, car il est homme de terrain, et non homme d’études, comme eux. Un va-et-vient entre la France et l’Égypte (1854-1861) Si le gouvernement français ne lui donne plus de subventions pour des recherches, Mariette reçoit de l’argent du duc de Luynes pour fouiller le sphinx de Guizèh : est-ce un tombeau, et non une statue ? Mariette découvre que c’est une statue, mais en même temps, il déblaie le temple de

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