AGAPES FRANCOPHONES 2010

AGAPES FRANCOPHONES 2010 146 craindrait pas de faire connaître au Vice-Roi que, si Son Altesse Royale avait à demander à la France le concours d’un savant pour l’établissement d’un musée égyptien, le gouvernement français ne désignerait certes pas un autre homme que vous. » (le 25 mars 1858) Mariette, conseiller artistique du Prince, diplomate parallèle au service de Napoléon III peut s’attarder au Caire. Comme l’Égypte a besoin d’argent, et que Saïd Pacha espère un emprunt concédé par la France, Mariette peut formuler ses desiderata pour ce qui concerne les monuments. Il se met au travail. Or, il doit choisir : rester conservateur adjoint au Louvre, ou devenir fonctionnaire… turc ! Il choisira le risque et deviendra fonctionnaire au service de Saïd Pacha : « Directeur des travaux d’antiquités en Égypte. » Il dépendra de la bonne volonté du vice-roi, qui n’est pas exactement un démocrate. Mariette va chercher sa famille en France, et fait commencer des fouilles un peu partout (Guizèh - Sakkara, Thèbes, Edfou et autres). Il devient Président de l’Institut Égyptien au Caire, fait une première expédition en Haute Égypte. Apparemment, les choses s’accélèrent. L’homme a incontestablement une intuition quasiment infaillible : à Abydos, il trouve une muraille cachée depuis des siècles. Un vieillard lui demande quel âge il a pour retrouver si facilement les choses. Imperturbable, Mariette répond qu’il a trois mille ans… À Thèbes, on découvre la tombe de la reine Aah-Hotep. Le fonctionnaire turc qui dirige les fouilles, décide d’envoyer les bijoux en or directement à Saïd Pacha lui-même, et pour cela il détruit tout simplement la momie. Fou de rage, Mariette obtient le droit d’arrêter les bateaux sur le Nil : il monte à l’abordage du bateau incriminé, menace tout le monde des pires tortures et récupère les bijoux. Il devra s’en expliquer auprès du Pacha, qui trouve l’histoire excellente, et lui accorde toute sa confiance. Le premier musée égyptien à Boulaq (faubourg du Caire) Pour son musée, Mariette reçoit une sorte de hangar désaffecté, qui a servi à construire le chemin de fer, mais qui a l’avantage de se trouver près du Nil : on peut donc décharger les statues et les stocker tout de suite. Épuisé, Mariette doit retourner en France pour se soigner : il souffre du diabète, maladie incurable à cette époque, et il n’a que 38 ans. Il en profite pour communiquer ses découvertes à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il y parle imprudemment de la conservation des monuments en Égypte même, ce qui lui vaut d’être copieusement insulté : la France ne recevra-t-elle plus de « dons » égyptiens ? Humblement, Mariette demande des suggestions pour des fouilles

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