AGAPES FRANCOPHONES 2010
AGAPES FRANCOPHONES 2010 147 françaises, ce qui laisse prévoir des compromis. Ensuite, il repart se reposer à Boulogne-sur-Mer. En 1859, il retourne au Caire, et repart tout de suite en inspection, ce qui ne plaît pas à tout le monde, évidemment ! C’est à Sakkara que Mariette découvrira encore quelques antiquités devenues célèbres : le Cheikh-el-Beled, le mastaba de Ti, une statue intacte de Khephren à Guizèh (là où il a dû interrompre ses fouilles : en 1854, la statue serait partie en France, maintenant, elle reste en Égypte), et plus tard, Rahotep et Nofret à Meïdoum (1871), statues si bien conservées que les ouvriers prennent peur au moment de la découverte ! Mariette Bey doit donc choisir : rentrer en France ou rester en Égypte. Il démissionne du Louvre, où il devient Conservateur adjoint honoraire, et il est fait chevalier de la Légion d’honneur. Ce qui n’empêche pas vraiment la France de le laisser tomber. Sa santé lui cause des soucis : il doit porter des lunettes noires pour protéger ses yeux brûlés par le soleil et le sable. Pour la population locale, il est tout simplement effrayant. La vie continue, en Égypte La France le laisse tomber ? Qu’à cela ne tienne, il continuera en Égypte. Mariette va se prendre au jeu, et devenir de plus en plus « égyptien ». Sa santé est cependant préoccupante, et il séjournera en France pour une cure (1861). La même année sa fille aînée disparaît, âgée seulement de quinze ans. Mariette s’établit dans une maison, près du Musée de Boulaq, avec sa famille, et une quantité impressionnante d’animaux (des singes, une gazelle, un cheval, des chiens…). Il devient aussi diplomate au service de Napoléon III : il est le seul Français qui ait un accès direct au vice-roi. Mission : ramener l’Égypte dans l’orbite de la France, au détriment de l’Angleterre. Comme Napoléon III est en train d’écrire une vie de César , Mariette est chargé de lui trouver des manuscrits, et aussi des manuscrits coptes ! Ainsi, il retrouve sa première mission ! Mariette obtient maintenant du vice-roi que l’on fasse des recherches sur les manuscrits. En même temps, la France concédera un prêt à l’Égypte qui se trouve au bord de la faillite. Mariette retourne à son cher musée, qu’il va décorer lui-même (n’oublions pas qu’il a été professeur de dessin). Il sert de guide à des visiteurs de marque (le comte de Chambord, dernier Bourbon, le Prince de Galles, futur Edouard VII), mais, il n’oublie pas ses publications. Les voyages qu’il fait avec les Grands de ce monde ressemblent étonnamment à des croisières sur le Nil. Point favorable : la protection des monuments historiques devient plus sévère, puisqu’ils peuvent servir à la diplomatie !
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