AGAPES FRANCOPHONES 2010
AGAPES FRANCOPHONES 2010 149 Mariette deviendra cependant commissaire de l’Égypte à l’exposition universelle de Paris de 1867, et pour le stimuler, Ismaïl Pacha lui promet des subventions pour ses publications (elles sont si chères que son imprimeur a fait faillite). Le pavillon égyptien sera un temple, et un caravansérail. Pour amuser les grands, on y démaillotera quelques momies, mais, non en douceur, comme on le fait aujourd’hui ! ( cf. le Journal des Frères Goncourt, qui y ont assisté). Pour comble, l’impératrice souhaite garder un des bijoux de Aah-Hotep. Mariette s’y oppose si fermement, que cela lui vaut la disgrâce de l’Empereur des Français. Quel changement d’attitude de la part de l’ancien diplomate pour la France ! À son retour en Égypte, Mariette constate que l’on a fait des moulages de ses statues de l’exposition, ce qui les a endommagées. Il décide de ne plus rien prêter à l’étranger. Le sort s’acharne sur Mariette en cette année 1867 : il perd une grande partie de ses subventions, et sa famille est attristée par les ennuis de santé de Mariette et de ses enfants (sa fille Marie-Emilie mourra en 1871 ; Joséphine Cornélie en 1873, son fils préféré, Auguste junior en 1879). Pour l’inauguration du Canal de Suez (1869), Mariette écrit le premier guide de voyage en Égypte ( Itinéraire de la Haute Égypte ). Il projette d’ailleurs l’ouverture des premiers magasins de souvenirs sur les sites mêmes ! Or, les publications scientifiques se font attendre. En fait, une tâche totalement différente attend Mariette Bey : égyptologue consultant pour l’opéra qu’Ismaïl Pacha veut faire représenter à l’ouverture de l’Opéra du Caire, Aïda . Mariette en écrira l’intrigue, le scénario, conçoit le décor (inspiré du règne de Ramsès III), mais sera beaucoup moins payé et beaucoup moins connu que la personne qui en écrira la musique : Verdi. La bibliothèque de l’Opéra de Paris conserve encore des esquisses de costumes faites par Mariette, à Paris même, en 1870, année, hélas, très difficile pour la France. Désormais, la vie de Mariette sera ponctuée par des séjours en France pour des raisons de santé, pour lui, et ses enfants. Mariette, l’Égyptien (1872-1881) En 1872 Emmanuel de Rougé, chef de file de l’égyptologie française meurt. On propose une rentrée triomphale à Mariette : un siège à l’Institut (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres), conservateur des antiquités au Musée du Louvre ou professeur au Collège de France : il n’a qu’à choisir ! Et puis, non, Mariette ne partira pas : il veut achever l’œuvre entreprise, il tient trop à ses chers monuments, à son musée, à l’Égypte. Il recevra cependant le Prix de l’Institut, la médaille d’or de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, qu’il vendra pour utiliser l’argent à ses
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=