AGAPES FRANCOPHONES 2010

AGAPES FRANCOPHONES 2010 150 publications, toujours aussi chères ! Les difficultés financières sont constantes, en effet : l’Égypte a fait faillite, et Mariette se résout à écrire un nouveau guide de voyages. Le Sérapéum ne sera décidément jamais publié… Mariette devient de plus en plus fatigué, il souffre cruellement du diabète. En 1877, il a failli mourir d’une crise, lors d’un retour en Europe. Il s’insurge contre la demande de la part des États-Unis d’un obélisque, mais en vain : actuellement, il se trouve à New York. Le Musée de Boulaq est inondé, et Mariette perd une partie de ses manuscrits : désespéré, et sans chercher à récupérer quelque chose, il aurait jeté la bouillie de papier dans le Nil. Seule lueur d’espoir : Mariette est élevé au rang de Pacha, par Ismaïl Pacha. Il accepte ce titre, avant tout parce que pour lui, c’est le triomphe de l’archéologie française en Égypte, et puis, cela lui permet de gagner un petit peu plus ! Or, Mariette est déjà très malade. Il retourne en France pour des raisons de santé, et tente de travailler à ses grands projets entre les crises de diabète. Il voudrait retourner voir les monuments, mais les finances égyptiennes sont maintenant contrôlées par la France et par l’Angleterre. Il ne reste que peu pour l’archéologie… Il fait cependant une communication sur les nouvelles fouilles à opérer en Égypte devant un comité secret de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, dans l’espoir de décrocher des finances. Le budget 1880 sera cependant très décevant, mais c’est aussi un peu par la faute de Mariette lui-même : il a trop tardé à formuler ses demandes. En 1880, Mariette retourne à Sakkarah dans l’intention de travailler au Sérapéum, aux mastabas, constatant avec une certaine amertume qu’on a maintenant plus de fonctionnaires pour calculer les dépenses que d’ouvriers pour remuer le sable. Gaston Maspero lui apporte des subventions supplémentaires, avec une seule exigence : qu’on ouvre également une pyramide, car il est convaincu que les pyramides ne sont pas muettes, il doit y avoir des textes sur les parois. Le travail a raison de Mariette : il a une crise presque fatale de diabète, et les médecins sont pessimistes car ses poumons sont atteints. Il fait une cure en Auvergne, à La Bourboule, mais il ne s’y plaît pas du tout : Vous ne saurez jamais combien je me suis ennuyé dans cette affreuse contrée désolée. Ce n’est pas que le pays soit laid, bien au contraire. Mais vivre au milieu de scrofuleux, de dartreux, d’eczémateux, n’est jamais bien appétissant. Et que dire des indigènes ? Ces diables d’Auvergnats ne sont pas beaux. Les femmes y sont taillées comme des hommes, et les hommes y ont des apparences d’hippopotames. J’aime mieux Paris. » (Cité par David 1994, 263) Soit, il essayera de travailler à Boulogne, revigoré par la parution du Catalogue général des Monuments d’Abydos .

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