AGAPES FRANCOPHONES 2010

AGAPES FRANCOPHONES 2010 16 du récit, entretient avec le monde romanesque à construire et à raconter et avec le récepteur, qu’il soit lecteur ou spectateur. Les événements à raconter et le rôle que joue le narrateur dans le récit ont capté notre attention. Écrivain, auteur de scénarios et metteur en scène, Jean-Philippe Toussaint - récompensé du prix Décembre , en 2009, pour son dernier roman La vérité sur Marie - est l’un des plus réputés écrivains francophones belges des dernières décennies. Dans un entretien accordé à Michèle Ammouche-Krémers, Jean-Philippe Toussaint avoue que la prémisse de l’écriture de L’Appareil-photo a été de: « […] traiter ensemble deux événements indépendants sans beaucoup d’intérêt. » ( Entretien avec Jean-Philippe Toussaint, 27) Le roman commence par la voix du narrateur qui nous fait part de ses pensées portant sur sa vie ordinaire. Celui-ci, un homme oisif, décide à un moment donné de suivre les cours d’une école de conduite. Pour ce faire, il doit préparer un dossier d’inscription contenant des photos ; cette action sera le point de départ de ces histoires insolites. Mais, un événement banal vient de troubler la quiétude du narrateur : un faire-part de mariage. À l’école de conduite, il fait la connaissance d’une jeune secrétaire, Pascale Polougaïevski qu’il revoit plusieurs fois par jour. Il finit par l’accompagner partout : nous les suivons pendant qu’ils vont changer une bouteille, pendant les courses dans la compagnie de M. Polougaïevski, en déplacement en métro ou bien à l’école pour chercher le fils de Pascale, petit Pierre. Le narrateur et Pascale décident de passer un weekend à Londres. Au retour, sur le car-ferry, le narrateur trouve un appareil-photo qu’il s’approprie. Après le vol de l’appareil-photo, le ton du récit manque d’humour et gagne en gravité poétique. L’Appareil-photo c’est le récit des événements banals de la vie du narrateur, interrompu par des moments de réflexions philosophiques et métaphasiques sur le passage du temps, la pensée et la photographie et animé par des paragraphes humoristiques tel que l’échangé sans succès de la bouteille primagaz car il n’y avait que thermogaz, même pas naphtagaz. Dans un entretien réalisé par Laurent Demoulin, Toussaint admet le drame et le combat auxquels il livre son narrateur vu que : « L’Appareil-photo serait plutôt la description d’une condition, une condition d’être au monde. Dans ce livre, on passe progressivement de „la difficulté de vivre “ au „désespoir d’être“. » (134) Comment surmonter cette condition humaine? Notre personnage vainc le « désespoir d’être» grâce à des moments de réflexion et à une bonne dose d’humour.

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