AGAPES FRANCOPHONES 2010
AGAPES FRANCOPHONES 2010 186 travail. L’organisation, chaque année, par APFA (Association pour pro- mouvoir le français des affaires), du concours le Mot d’or , qui s’adressent aux étudiants en économie, en est un exemple. On encourage ainsi non seulement la vérification des connaissances dans le domaine du lexique de spécialité, mais aussi le développement de la créativité linguistique des étudiants et de leur esprit d’entrepreneurs. La dernière partie du test écrit leur demande de présenter en français une idée d’affaire sous tous les aspects : présentation du produit, matières premières et matériels, segment du marché envisagé, sources de financement, etc. La première partie du test sollicite , en revanche, leur imagination et des connaissances linguistiques pour créer des mots ou des sigles qui désignent des concepts nouveaux en roumain. Conscients du fait que maîtriser la langue française signifie avoir de nouvelles opportunités pour trouver un emploi, attirés par la joie de la compétition et les prix assez substantiels offerts par les organisateurs, les étudiants participent avec enthousiasme à ce concours. Malheureusement, tous ces efforts pour cultiver la langue française ne sont pas encouragés par les dirigeants de la Roumanie. Le français est de moins en moins utilisé comme langue de travail, même si l’anglais qui le remplace est souvent d’une qualité douteuse. Mais peut-être que l’atout de ce dernier est que tout le monde peut le parler sans trop le maîtriser. L’avalanche de films américains diffusés sur toutes les chaînes de télévision nous fait oublier que dans ce monde il existe aussi d’autres langues. Consciemment ou non, nous nous inscrivons dans la foule des gens manipulés par les médias. Les chaînes roumaines de télévision donnent la parole à des présentateurs « à l’américaine » qui, par l’agressivité et les inflexions inappropriées à la langue roumaine, dictées par des experts psychologues et sociologues, ont pour but la manipulation d’un peuple fatigué déjà par la vie quotidienne. La diffusion des films français permettrait au spectateur roumain d’entendre de nouveau cette langue ou de connaître des aspects nouveaux de la culture française contemporaine. Il est dommage que ces films manquent non seulement à la télé, mais aussi dans les salles de cinéma. Comment les jeunes Roumains pourront-ils apprendre le français s’ils n’ont plus la possibilité de l’écouter « en direct » ? Dans l’enseignement roumain, à l’exception des écoles bilingues, l’étude des langues vivantes, implicitement du français, perd du terrain. La diminution du nombre des heures d’étude par semaine empêche le développement des compétences d’expression dans une langue étrangère. Il y a aussi les manuels alternatifs dont l’épaisseur et la difficulté tuent l’enthousiasme de toute personne qui étudie une langue vivante. C’est une erreur de conception. On part de l’idée que, pour apprendre, il faut faire exclu- sivement des exercices de lecture, de traduction et de grammaire. Les professeurs qui mettent l’accent sur la communication sont malheureuse-
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