AGAPES FRANCOPHONES 2010

AGAPES FRANCOPHONES 2010 190 Quant aux thèmes grammaticaux à articuler avec la nomenclature lexicale en question, dans une étape préméthodologique, il est de toute évidence qu’aucun auteur de méthode ou professeur de français ne saurait éviter de prévoir, dans leur production de supports didactiques, la structure partitive. Il est tout aussi évident que d’autres connexions grammaticales pourraient s’y ajouter et représenter même un objectif linguistique préférentiel, selon le principe de la variation des proportions dans tout dosage méthodologique des contenus linguistiques, mais le partitif aura toujours, dans cet agencement, le statut d’un passage obligé. Voir, dans ce sens, la première page de l’exemplier qui présente un support classique de la combinatoire décrite, tiré d’un fort vieux manuel de français, rédigé par I. A. Candrea dans les années 1930. Le support en question nous a amplement fourni des preuves selon lesquelles le partitif, même si « ingrédient » incontournable, n’occupe pas toujours le devant de la scène didactique d’une leçon. Dans la séquence de Candrea, il vient en 3 e position hiérarchique, après le passé composé et le lexique alimentaire. Que le temps verbal soit en tête, le prouve non seulement le nombre de ses occurrences, mais aussi sa présence dans le titre du texte. Que ce ne soit pas le partitif particulièrement focalisé le montre, d’une part, l’absence de la plupart de ses formes syncrétiques et, d’autre part, la répétition de la forme masculine du beurre . Un adepte de la solution des textes fabriqués y verrait volontiers, dans ce sens, un grand défaut du support textuel en question. En ce qui nous concerne, nous considérons qu’on est devant une actualisation impeccable du schéma cognitif du petit déjeuner, réalisée sous une forme discursive narrative, bien équilibrée stylistiquement, malgré les formes temporelles récurrentes. En revenant au texte de la recette de cuisine, on remarquera, en tout premier lieu, que, dans les recettes authentiques, le partitif est fort rarement représenté par le cas syncrétique de la combinaison entre la préposition de et l’article défini, le plus souvent y étant actualisées les structures contenant des quantificateurs de mesure: une cuillerée de …, un sachet de …, etc. Il est à observer le fait que ni même l’exception à cette situation générale que font les deux ingrédients, les plus communs, le sel et le poivre , ne renvoie aux variantes formelles contractées, les deux noms d’épices n’étant jamais accompagnés de la forme contractée du et fort rarement du quantificateur une pincée . Ils y représentent, le plus souvent, le cas de l’article 0 dans lequel on pourrait identifier le résultat d’un choix discursif opéré contextuellement et spécifiquement dans le texte de la recette, dans la mesure où l’option de la quantité de ces deux épices varie au gré de chacun chacune. Qu’en est-il des structures partitives des recettes de cuisine exploitées dans la classe de langue? Un survol des méthodes traditionnelles et actuelles

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