AGAPES FRANCOPHONES 2010
AGAPES FRANCOPHONES 2010 226 différences (compatibilités avec certains termes, fréquence, interprétation sémantique liée à tel contexte déterminé). Dans les structures à verbe fini, les adverbes de manière r ă u , frumos et urât servent à caractériser des procès, dans une perspective valorisante vs dévalorisante. Frumos connaît aussi un emploi particulier, se rapportant à une certaine façon d’agir du sujet. C’est l’adverbe r ă u qui est le plus fréquemment employé comme déterminant d’un verbe. Employé dans une locution impersonnelle avec le verbe a fi , bun sert à exprimer l’accord de l’énonciateur vis-à-vis de l’action qui vient d’être mentionnée comme accomplie ; quant aux adverbes frumos vs r ă u et urât , ils apparaissent dans des constructions très variées où l’on précise l’ « objet » de la caractérisation valorisante vs dévalorisante, à savoir l’action ressentie soit comme belle, convenable, agréable, etc., soit comme mauvaise, nuisible, désagréable, etc. Dans les phrases averbales exclamatives, les quatre adjectifs adverbialisés ont une fonction pragmatique, exprimant soit l’accord, l’approbation, soit la désapprobation vis-à-vis d’une action, d’un état, d’une attitude, etc. Bun est même devenu un mot du discours, une sorte d’interjection. Frumos exprime un jugement valorisant, l’admiration, ou tout simplement l’approbation, mais il peut également exprimer – par antiphrase – un jugement dévalorisant, une réaction ironique. R ă u et urât – peu fréquents dans ce type d’emploi – expriment, tous les deux, la désapprobation vis-à- vis d’une situation ressentie comme négative ou vis-à-vis du comportement de quelqu’un. Les constructions où les adverbes étudiés sont incidents à un participe passé (employé comme adjectif) sont moins fréquentes. Ils expriment dans ce cas une appréciation valorisante ou dévalorisante par rapport à un état- qualité, resultat d’un procès. C’est l’adverbe r ă u qui apparaît le plus souvent dans ce type de contexte. Quant à bun , il apparaît dans une seule séquence figée. Sur les quatre lexèmes analysés, seuls trois peuvent être employés comme adverbes incidents à des adjectifs, bun étant exclu de cet emploi. Frumos et urât se retrouvent rarement dans ce type de contexte, devant un adjectif dérivé d’un verbe, dans des syntagmes semi-figés. En revanche, r ă u apparaît souvent, dans la langue parlée, comme intensif d’adjectif, même lorsqu’il s’agit de qualifications positives. 7.2. Les solutions de traduction que nous avons pu mettre en évidence sont très variées ; on enregistre souvent des équivalents multiples, soumis au choix du traducteur. De façon générale, il existe une correspondance entre les structures du roumain et celles du français. Cependant, au cours du
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=