AGAPES FRANCOPHONES 2010

AGAPES FRANCOPHONES 2010 227 processus de traduction il faut prendre en considération les contraintes du contexte dans la langue source, aussi bien que celles du système et de l’usage dans la langue cible, ce qui met souvent en jeu des procédés autres que la traduction littérale. Dans la traduction des quatre adverbes du roumain que nous avons étudiés, on peut avoir recours à plusieurs types d’équivalences : directe, indirecte et idiomatique 2 . Assez souvent, ces adverbes ont pour équivalents en français des adverbes, des adjectifs adverbialisés ou des locutions adverbiales, susceptibles de rendre les significations particulières actualisées dans différents contextes. Dans certains cas, on a affaire à des modulations (changement de structure actancielle, modulation par double antonymie...), à des transpositions simples (adverbe → adjectif) ou accompagnées d’un étoffement (par exemple : verbe + adverbe → verbe opérateur + nom + adjectif). L’opération de traduction peut mettre en jeu des structures figées, dans l’une ou l’autre des deux langues ; par exemple : locution (V + Adv) → verbe, ou V + Adv (combinaison libre) → locution verbale. On a également recours à des reformulations complexes de toute la phrase, qui signalent un changement de point de vue dans la langue cible. Le procédé de l’explicitation est utilisé de façon obligatoire dans le cas des formules à fonction pragmatique ; ainsi, la traduction en français des phrases exclamatives averbales du roumain requiert en français la présence du verbe copule être , sous la forme du présentatif c’est ; les équivalents français des adverbes frumos et urât incidents à un adjectif sont des propositions relatives, résultat d’une transposition (recatégorisation) accompagnée d’une amplification. Sur le plan sémantique, on peut remarquer le rapprochement qui s’établit parfois, dans le passage du roumain vers le français, entre les termes apartenant à la série des évaluatifs valorisants (ainsi frumos traduit par bien ), ou entre les termes dévalorisants ( urât traduit par mal ). La recherche des équivalents de ces termes est souvent orientée par leur emploi dans certains registres de langue (nous l’avons montré, par exemple, pour l’adverbe r ă u incident à des adjectifs). Nous remarquerons enfin que, dans la zone discursive où se situent les quatre adverbes du roumain et leurs équivalents français, on enregistre beaucoup de collocations consacrées par l’usage, des constructions plus ou moins figées que le traducteur devra prendre en considération. 2 Voir les types d’équivalence définis par Ballard (1993).

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