AGAPES FRANCOPHONES 2010

AGAPES FRANCOPHONES 2010 235 qui changent et évoluent, chaque courant littéraire voulant imposer ses valeurs et ses principes théoriques. Il suit la présentation du canon « dans ses rapports avec les composantes extra-esthétiques ». L’auteur y remarque que les paramètres les plus importants pour confirmer la valeur esthétique d’une œuvre littéraire sont l’originalité et l’étrangeté de celle-ci. En même temps, l’auteur souligne que le canon comporte deux niveaux : un plus stable, représenté par le niveau classique, et un autre, superposé au premier, représenté par le niveau contemporain qui se renouvelle toujours à cause du changement des goûts et de la nouveauté. Dans le dernier sous-chapitre, Ramona Mali ţ a essaie de répondre à la question « À quoi ça sert de former des canons ? ». Selon l’auteur, il est nécessaire d’établir des canons en tant que « guides axiologiques » et « guides pour l’enseignement » qui nous indiquent les grandes œuvres et les grands écrivains qu’il faut retenir. En même temps, il souligne l’influence du canon sur l’étude de la littérature et que celui-ci n’a pas un rôle moralisateur pour la société. Le deuxième chapitre, intitulé « Comment former les canons ? » s’ouvre sur le sous-chapitre « La formation du canon », où l’on apprend qu’il faut parler non pas d’un seul canon, mais des « canons » qui dépendent de la subjectivité de celui qui écrit ou critique de même que des préférences du public. Il y a aussi un processus d’« autocanonisation » qui prend en compte l’exceptionnel, l’originalité et la valeur esthétique d’une œuvre appartenant à un écrivain voulant rompre avec la tradition. Il faut remarquer que le rôle principal dans la création d’un canon est détenu par la critique à laquelle s’ajoutent « la confirmation du jugement en durée » et « la présence dans deux dictionnaires » (55). L’auteur propose comme critère de création d’un canon « le manque d’obéissance ou bien la rupture avec la règle universelle acceptée » (56) de la part d’un écrivain/d’une œuvre. Dans le sous-chapitre suivant, l’auteur parcourt les modèles canoniques de quelques théoriciens: Altieri et Marino, qui conçoivent le canon en tant que « corpus essentiel qui revient dans toutes les époques sous d’autres formes, redevables au même modèle » (58) ; Bloom et Fowler, qui conçoivent le canon sous la forme d’ « un tissu poétique » ; Paul Cornea qui parle d’un « modèle canonique pyramidal » au sommet duquel se trouvent les cinq chefs-d’œuvre absolus de la littérature universelle : l’Iliade , la Divine Comédie , Don Quichotte , Hamlet et Faust . L’auteur remarque que tous ces modèles ont deux composantes : une composante stable et une autre plus agitée qui peut être antéposée ou superposée.

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