AGAPES FRANCOPHONES 2010

AGAPES FRANCOPHONES 2010 240 de Dumitru Tsepeneag entre le roumain et le français. C’est une liaison qui transcrirait plutôt, à nos yeux, une conjugaison culturelle des deux, vu que l’auteur du Pigeon vole « introduit et exige une nouvelle manière de lire : la lecture alternative ». (8) Les deux premiers chapitres : L’onirisme roumain et les courants littéraires contemporains et Écrivain roumain ? Écrivain francophone ? retracent quelques jalons d’histoire littéraire, mettant en relief le synchronisme du courant littéraire roumain (l’onirisme esthétique) et des courants d’avant-garde du XX e siècle (CoBrA, Tel Quel, le Lettrisme, TXT, Les Nouveaux Réalistes, etc.). L’onirisme, qui nie et le réalisme socialiste et le surréalisme, s’inscrit dans la littérature évasioniste 1 , ayant pour trait la dictature du rêve. Cette littérature désengagée / non-enrégimentée dans la politique communiste « devient subversive uniquement par le refus de mettre en œuvre la ligne directive du parti. » (14) À ce point nous ne partageons pas la vue critique de l’auteure : selon nous, l’onirisme tsepeneangien s’inscrirait plutôt dans la littérature évasioniste que subversive (voir la note 1). Encadrer un écrivain c’est assumer le risque de l’enrégimenter dans une époque littéraire, dans un courant, une langue- patrie, une mentalité, etc., ayant pour repère la dominante esthétique. Entre les dénominations d’ écrivain roumain et écrivain francophone , Georgiana Lungu Badea opte pour une troisième : écrivain tout court (18). Un choix inattendu, sinon curieux, vu que, plus loin, l’auteure nomme D. Tsepeneag le pape de l’onirisme roumain . L’étape roumaine de la littérature de Tsepeneag ne serait-elle pas assez convaincante, pour que l’auteur de Maramure ş ne compte pas parmi les écrivains roumains ? Non qu’il n’ait pas pris pour véhicule le français pour l’étape ultérieure, mais cet écrivain tout court appartient cent pour cent à la littérature roumaine selon des critiques roumains réputés 2 qui s’impliquent dans l’expertise de l’actualité littéraire roumaine. Dans le troisième chapitre, Sous le signe de la (pré-, ré-)création qui est à la base la postface de la deuxième édition du roman Le Mot Sablier , Georgiana Lungu Badea propose la radiographie d’un pacte aux multiples facettes: autoréférentielle, linguistique, traductologique, mais surtout psychologique que D. Tsepeneag conclut entre le roumain et le français. Le gagnant ? Le français, même si après les années 1990, le roumain recommencera à gagner du terrain dans la création de Tsepeneag . (12) Le 1 Ion Simu ţ . Incursiuni în literatura actual ă . Oradea: Cogito , 1994, p.14. 2 Eugen Negrici. Literatura român ă sub comunism . Bucure ş ti: Editura Funda ţ iei PRO, colec ţ ia Cartea Fundamental ă , 2003, p. 219-20; Lauren ţ iu Ulici. Literatura român ă contemporan ă . Bucure ş ti: Eminescu, 1995, p. 37-38; Ion Simu ţ . Incursiuni în literatura actual ă . Oradea: Cogito, 1994, p.14; Dumitru Micu. Istoria literaturii române . Bucure ş ti: Editura Saeculum, 2000, p. 615-618.

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