AGAPES FRANCOPHONES 2010

AGAPES FRANCOPHONES 2010 241 roman Le Mot Sablier , qui fait l’objet de ce chapitre, est vu sous l’angle de l’intertextualité ( Inter-, Textualité ), de l’hypertextualité ( Hyper-, Textualité ) et de la traduction. Observons le plaisir de l’auteure de jouer la carte des connotations et des dénotations des termes critiques consacrés (l’intertextualité n’est pas la même chose que l’Inter-, Textualité , tout comme l’hypertextualité ne renvoie pas cent pourcent à l’Hyper-, Textualité) ; d’ailleurs le chapitre en entier par le titre même dévoile cette préférence pour le jeu des codes de la terminologie (décodés sans doute au fur et à mesure que la lecture avance ; ce serait une condition sine qua non d’une explication à feed-back). Cet abord rend l’analyse de ce roman surprenante, sinon audacieuse, en tout cas hors des démarches critiques dont on est habitué. Pour provocante, elle l’est sans doute, vu, en plus, la question qui achève le chapitre : Le côté « utopique» (« sans lieu ») de la littérature de Tsepeneag, justifie-t-il la quête de sa place dans deux littératures ? (34) Le chapitre portant sur Au Pays de Maramure ş se veut une démarche traductologique qui met à la loupe le texte roumain de Maramure ş et sa version française, Au Pays de Maramure ş (traduite par Alain Paruit), par le prisme de la compréhension – interprétation, de l’idiosyncrasie et l’équivalence. Interroger (encore une fois) la relation entre l’auteur et son traducteur c’est défendre la création, ici le cas du dernier roman de la trilogie Hôtel Europa (1996), Pont des Arts (1999), Au Pays de Maramure ş (2001). L’analyse détaillée des extraits faite et dans le corpus du chapitre et dans les notes provoque par le goût de fouiller dans les plus inattendus creux de l’oeuvre. C’est de la délectation de l’esprit. Il est à remarquer « le style des notes » (pour s’exprimer ainsi) de Georgiana Lungu Badea formant une bibliothèque parallèle au livre et incitant à une lecture à part, de second degré. Elle arrive à construire ainsi un tout vérifiable par le glissement d’une note à l’autre, liées entre elles (pas seulement au texte- base). Le pont entre la création et ses avatars mentaux donnés par la traduction forme le sujet du chapitre Écriture et traduction expérimentales . Celui-ci aussi renvoie au pont de la première de couverture. D. Tsepeneag devient, croit l’auteure, le pont mouvant qui crée encore un lien entre ces deux langues, cultures, mentalités : roumaine et française. (35) Le sous-chapitre Mise en contexte, déterminisme, écriture et traduction s’échafaude sur quelques interrogations qui expliqueraient l’option pour le français de l’apatride D. Tsepeneag : pourquoi, comment transcrire une âme fondamentalement roumaine dans des habits français ? à quoi ça sert ce bilinguisme horizontal et consécutif ? quels seraient les sous-entendus d’une œuvre hybride et bâtarde par l’impureté linguistique, tel « Le Mot Sablier » ? (54) et finalement, quels sont les conséquences de réception

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