AGAPES FRANCOPHONES 2010
AGAPES FRANCOPHONES 2010 242 d’un écrivain à position linguistique charnière ? Il faut mentionner quand même que cette partie de l’ouvrage interroge plutôt les ressorts théoriques de l’art de traduire qui prennent pour appui des approches de l’œuvre de Tsepeneag. Cette séquence durant, l’auteure accentue le rôle créatif, créateur et créationniste du traducteur et sa place dans l’horizon d’attente du public. L’introduction de l’Architecture processuelle d’une œuvre : théorisations, pratiques, inférences témoigne de l’intention de Georgiana Lungu Badea de retracer « le cheminement littéraire qui mena D. Tsepeneag à besogner sur un même palimpseste : l’autotraduction. » (73) C’est une architecture processuelle qui engagerait deux pistes : la défense et l’illustration d’un courant littéraire (de l’onirisme esthétique et structural dont le chef de l’école est D. Tsepeneag) et l’insertion des éléments autoréférentiels. Mais les vrais problèmes que le chapitre pose sont: comment traduire et autotraduire une littérature de ce type et quelles seraient les astuces d’une telle traduction; encore une fois, la théoricienne y insiste sur la relation qui s’établit entre l’écrivain et le traducteur. Une question délicate est débattue dans le sous-chapitre Esthétique de création, de réception et de traduction : l’autotraduction. « La culture et la langue maternelles font du traducteur D. Tsepeneag un prisonnier. » (83) Le portrait de l’écrivain-traducteur aurait pour touches, d’un côté, l’obligation intériorisée de réécrire, expliquée dans le credo de l’écrivain-traducteur et, de l’autre côté, la substitution impérieusement nécessaire de l’écrivain par le traducteur. Relation pat. Vraiment ? Une démarche à juste titre particulière (notre préférée) est faite dans le septième chapitre dont l’intitulée Autofiction ou biographie fictionnalisée provoque, entre autres, par la conjonction ou . Étant données les nuances de différence entre les deux notions, nous nous serions attendue à ce que l’auteure mette en rapport (plurivoque comme d’habitude) les concepts d’ autofiction et de biographie fictionnalisée par l’entremise des deux conjonctions au moins ou / et ; mais elle ne le fait pas. L’écriture se concentre sur une autre piste: établir les degrés de la falsification de la réalité qui aboutit à la biographie fictionnalisée. La fictionnalisation de l’acte d’écrire arrive à son point culminant dans „Le Mot Sablier”, selon nous, dans „Pigeon vole”, selon l’écrivain même. Pour diverses raisons... ( 97) et nous vous invitons à les découvrir le long d’une analyse dense et pertinente. C’est une lecture le crayon à la main. L’aventure traductionnelle et littéraire conduit l’intérêt du chapitre en miniature Pensées de circonstances sur le bilinguisme du soi . Pourquoi écrire en français et puis s’autotraduire en roumain (le cas des romans Pigeon vole et Le Mot Sablier )? Un possible deuil de la langue maternelle (112) ? Une perspective plausible s’entamerait à double sens: l’écrivain
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