AGAPES FRANCOPHONES 2010
AGAPES FRANCOPHONES 2010 246 Dans la première section sont soumis à l’analyse des romans de trois écrivaines francophones d’origine roumaine : Rodica Iulian, Oana Orlea et Marthe Bibesco. Autobiographie, post-féminisme, enjeux de l’écriture féminine et avatars de la féminité sont quelques-uns des aspects étudiés dans les articles du volet « Littératures francophones d’Europe », qui abordent des œuvres des écrivaines belges Dominique Rolin et Claire Lejeune, de l’auteure suisse Catherine Colomb, et des françaises Sylvie Germain et Jeanne Hyvrard. La section consacrée à l’Afrique Noire rend compte de l’extraordinaire richesse de la littérature féminine du Sénégal (Mariama Bâ, Fatou Diome, Ken Bugul [Mariètou Mbaye Biléoma]), de la Côte d’Ivoire (Fatou Keïta, Flore Hazoumé) et du Cameroun (Werewere Liking, Calixthe Beyala, Lydie Dooh-Bunya, Thérèse Kuoh-Moukoury, Léonora Miano) et offre des pistes de réflexion sur l’identité féminine africaine : « négrattitude » féminine et postmodernité, écriture du silence et du corps féminin, écriture transculturelle, stratégies narratives et affirmation de soi. Réservé au Magreb, le quatrième volet des Dialogues francophones interroge les écrits d’Assia Djebar afin de saisir la conjonction scriptural – pictural dans la génération du texte, et ceux de Leïla Sebbar – pour montrer que l’exil est un élément porteur dans l’entreprise créatrice. La section concernant la littérature canadienne met en évidence les modalités de constitution du féminin, le déterminisme du signifiant et les liens qui se tissent entre témoignage, créativité et fiction, dans les œuvres d’Anne Hébert, Catherine Mavrikakis, Marie-Célie Agnant et Marie Sissi Labrèche. La littérature francophone des Caraïbes est illustrée dans la sixième section par un fabulo-drame de Suzanne Dracius et les romans policiers de Marie- Reine De Jaham et Michèle Robin-Clerc. La section des Synthèses propose une lecture comparative de trois romans – de Marie Darrieussecq, Marie Ndiaye et Amélie Nothomb — qui ont en commun la question des frontières identitaires. L’étude finale, basée sur un vaste corpus d’œuvres francophones contemporaines, met en évidence des traits récurrents (rapport problématique à la langue française, (auto)réflexivité, polyphonie, subversion) et s’interroge sur la possibilité de prendre le roman féminin pour un genre. En fin de compte, si le roman féminin se distingue par une certaine manière de sentir et de re-créer la vie, les choix thématiques et stylistiques privilégiés n’excluent pas la probabilité qu’un écrivain masculin puisse être en mesure d’écrire un roman féminin. C’est par ailleurs ce qu’affirme Catherine Mavrikakis dans l’entretien réalisé par Sanda Badescu : « Je ne crois pas en une écriture féminine. Je crois en
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