AGAPES FRANCOPHONES 2010

AGAPES FRANCOPHONES 2010 262 comprendre, interpréter et re-traduire les coutumes, les croyances, les mythes et les légendes vécus par la population cible. Dans son article « L’idiot de la famille littéraire », Françoise Wuilmart, professeur de traduction à l’Institut Supérieur de Traducteurs et Interprètes de la Communauté française de Belgique, tire un signal d’alarme sur le statut du traducteur dont le nom est systématiquement oublié dans la presse audiovisuelle ou écrite, tout comme sur les sites de vente de livres. Le dossier « Identité, diversité et visibilité culturelles » contient six articles qui mettent en parallèle différentes traductions et les rapports qui s’établissent entre le texte source et le texte d’arrivée. Rossana Curreri analyse la traduction en italien du roman Texaco , de Patrick Chamoiseau et en extrait un modèle de restitution de la tension et du mélange entre des codes et des sous-codes différents. Sara Verbeeck présente les résultats préliminaires d’une étude menée pendant une année sur les traductions françaises de Louis Paul Boon et donne une image de la construction et du fonctionnement de l’altérité culturelle flamande. Simona Antofi nous parle du rôle que les traductions des textes littéraires français ont eu dans le développement de la culture et de la littérature roumaine à l’époque de la révolution de 1848. Marie-Hélène Catherine Torres donne un bref aperçu historique et culturel des relations Brésil – France, analyse ensuite le discours des agents culturels et, finalement, prouve le fait que le binôme traduction/censure n’empêche pas une relative autonomie de la littérature brésilienne traduite en français. Henri Awaiss étudie le cas des écrivains et poètes libanais d’expression française et s’interroge sur les limites de l’écriture et de la traduction. Ioana B ă l ă cescu et Bernd Stefanik abordent la traduction des mots dont les référents n’existent pas dans la langue cible, en appuyant leur étude sur des exemples précis et sur les modèles explicatifs cognitivistes. Alina Tar ă u passe en revue les différentes traductions en roumain du Lys dans la vallée de Balzac en mettant notamment l’accent sur les culturèmes. Le quatrième volet débute avec l’article d’Izabella Badiu qui fait une analyse de la traduction en français du Journal de la félicité de N. Steinhardt. Texte postmoderne qui mélange le fragment, la citation et la répétition, le Journal de la félicité représente un vrai défi pour Marily Le Nir, la traductrice en français du roman, à cause des difficultés structurelles inhérentes et de l’identité en permanente métamorphose du narrateur. À son tour, Fabio Regattin transpose la théorie des mèmes de Richard Dawkins dans le domaine de la traduction. Élaboré comme une théorie génétique selon laquelle la sélection naturelle n’aurait pas lieu au niveau des espèces ou des individus mais à l’échelle des gènes, le concept trouve son application aussi au niveau de la traduction et, plus en particulier, dans la traduction des textes religieux.

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