AGAPES FRANCOPHONES 2010

Identité ethnique dans les Balkans – une perspective dramatique de Matei Vi ş niec Mariana-Simona TOMESCU École Doctorale d’Études Littéraires et Culturelles Université de Bucarest Roumanie Résumé. Dans cet article nous nous proposons un abord identitaire : les contraintes et les ouvertures ethniques dans l’espace des Balkans des années 1990. Notre étude porte sur la pièce de Matéi Vi ş niec, Du sexe de la femme comme champ de bataille dans la guerre en Bosnie , qui présente le drame d’une femme bosnienne violée. Transgressant l’ordinaire de la guerre, le viol devient une forme de torture, une contrainte psychologique inhumaine dont l’armée a fait usage durant le conflit bosniaque pour faire succomber l’ennemi dont la seule faute est celle d’avoir une autre ethnie. Par conséquent, le droit d’un groupe minoritaire d’être différent et de s’assumer une identité ethnique particulière sur le territoire d’un groupe majoritaire, s’est éloigné du principe utopique de l’« unité dans la diversité », que la vieille Europe essaie de transmettre à ses enfants. Abstract. This paper aims to analyze ethnic identity in the Balkans in the 1990s. My approach will focus on Matei Visniec’s drama Du sexe de la femme comme champ de bataille dans la guerre en Bosnie , which presents the drama of a raped Bosnian woman. Very frequent in times of war, rape becomes a form of torture, an inhuman military technique that chases the complete destruction of the enemy whose only fault is that of belonging to a different ethnic group. Although a minority group has the right to be different and to maintain their different ethnic identity within the territory of the dominant group, this right went too far from the utopian principle « unity in diversity » that old Europe has been trying to transfer to its children. Mots clés : ethnie, identité ethnique, stéréotypes ethniques, Balkans Keywords : ethnic group, ethnic identity, ethnic stereotypes, Balkans Les Balkans, ce « chaudron du diable » dont parlait André Ducasse dans le contexte des années 1914-1918, sont devenus chez Vi ş niec une « poudrière sentimentale » où les gens de différentes ethnies vivent en adoptant la philosophie du « mais » : on aime ses voisins, on les trouve « sympas » car ils ont du cachet, mais il y a toujours quelque chose qui ne convient pas et qui les transforme en bouc émissaire de tout malheur qui leur arrive. Pourtant, Vi ş niec essaie de démontrer que l’exacerbation du sentiment

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