AGAPES FRANCOPHONES 2010
AGAPES FRANCOPHONES 2010 100 enjeu : contre l’assimilation et pour la promotion et le maintien du spécifique ethnique et par la suite, de l’autonomie ethnique 2 . Les stéréotypies 3 : l’évaluation et la description des groupes ethniques Au niveau de l’interaction entre des groupes, il est inévitable de faire référence à l’autre, à l’altérité. Il existe une forte connexion entre le processus de catégorisation et le développement des stéréotypes, autour de certaines caractéristiques facile à identifier : sexe, âge, ethnie, accent, style vestimentaire, dans la mesure où tout cela reflète les similitudes et les différences existantes. D’une part, les stéréotypies peuvent être utiles (positives) parce qu’elles réduisent la complexité des informations dans des unités plus tangibles, mais d’autre part, elles sont risquées, dans la mesure où elles accentuent les différences entre les membres des groupes homogènes et les ressemblances entre les membres du même groupe. Ce qui peut parfois conduire, comme l’on a vu, à des guerres. Le psychologue Kate considère qu’en Bosnie on peut parler d’« un univers fantasmatique d’une minorité nationale ». ( SFC , 59) Au lieu de construire des ponts entre des groupes, sous le principe d’acceptation de l’autre (pour la diversité qu’il implique), les représentations sociales stéréotypées peuvent créer des barrières par l’association à des images dénigrantes, par 2 Concernant la possible existence commune des groupes sociaux différents, on a véhiculé deux grandes théories. Tout d’abord, nous allons mentionner la théorie de l’anglo- conformité d’assimilation des minorités. Ce néologisme traduit le concept de anglo- conformity c'est-à-dire « la transformation du migrant en un Américain 100% comme on le disait dans les années 1920 », définition de Sylvia Le Bars (2007, 6). En outre, nous devons rappeler la théorie du melting-pot , selon laquelle deux groupes en interaction se transforment, le résultat étant un groupe C, amalgame homogène des deux autres. Ce terme a été utilisé pour la première fois par Israel Zangwill, auteur de la pièce The Melting Pot de 1908. Il y soutient l’idée que les États-Unis représentaient le creuset du Dieu, et que le mélange de populations et la reconstruction «ne se résument pas à une simple association d’ethnie et de races, mais débouchent sur la création d’une nouvelle culture commune dans laquelle tous oeuvreront ensemble pour construire la république des hommes et le royaume de Dieu » (Huntington, 132) 3 Comme le remarque Lionel Lacaze dans son article paru dans la Nouvelle revue de psychologie (2005), le terme de stéréotype a été introduit pour la première fois par Walter Lippman, en 1922, pour désigner “a picture in our minds”, « une image dans la tête», qu’on acquiert par l’expérience personnelle. Le terme a été ensuite repris par les sciences sociales, pour désigner « les idées toutes faites et les croyances partagées concernant les caractéristiques personnelles, traits ou comportements de certains individus, catégories ou groupes » (Lacaze, 189). Serge Moscovici (1984) a encadré les stéréotypes dans les représentations sociales, comportant toutes les connaissances partagées par les membres d’un groupe, le sens commun, valorisant le terme de « représentations collectives » de Durkheim (1960), qui y voyait des réalités psychosociales groupant des idéologies, des mythes, des croyances, des sentiments et des connaissances.
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