AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 103 familiale » (BS, 79). Farida voit elle aussi dans l’école une sorte de havre qui la protège contre sa belle-mère-sorcière. Ne supportant plus le caractère violent et jaloux de celle-ci, la jeune fille préfère se rendre à l’école tôt le matin, car elle peut y redécouvrir la paix en compagnie de sa meilleure amie. I.3. La bibliothèque Normalement, la bibliothèque devrait être un espace culturel, enrichissant, une vraie oasis dans la misère de la banlieue. Mais, dans la vision de la mère de Malika, celle-ci perd cette signification. Comme dans le cas de l’école, la bibliothèque devient un espace de la perdition, « au même titre que les bars et les cinémas » (BS, 39). Étant illettrée, la mère ne peut pas contrôler les lectures de sa fille ; par conséquent, elle devient soupçonneuse, car elle croit que les livres vont déterminer Malika à ne plus lui obéir et à mépriser les traditions de ses ancêtres. Pourtant, pour la jeune fille, la bibliothèque représente un vrai sanctuaire, où elle entre « presque religieusement » (BS, 39). Malika y retrouve refuge. C’est ici que son imagination peut s’envoler vers d’autres horizons grâce à tous ces livres qu’elle a lus et relus plusieurs fois, dont les personnages sont devenus ses confidents. Si dans l’appartement elle a toujours froid, dans la bibliothèque Malika retrouve une atmosphère douce qui la réconforte. Large et lumineux, cet espace semble le seul qui permette à la jeune fille de jouir de sa passion pour la lecture, car ici personne n’interrompt son voyage imaginaire à travers les livres vénérés. I.4. Le bar Une autre figure spatiale qui nous intéresse est le bar. Lieu de rencontre, où l’on peut se retrouver pour parler ou pour lier amitié, il a dans notre roman seulement une signification négative : c’est un espace-perdition. Si l’école et la bibliothèque sont des endroits qui peuvent être placés sous le signe du féminin, le bar est par excellence un espace masculin. D’où l’opinion quasi générale qu’il devrait être un espace tabou pour les femmes, qui ne devraient jamais l’approcher. Même Malika, qui d’habitude n’est pas d’accord avec les convictions de ses parents, trop vieillottes, n’y voit que le débauche, le péché : S’il existait un endroit où Malika ne songerait jamais à entrer, c’était bien dans les cafés et les bars. Elle s’en méfiait comme de la peste. Elle avait trop d’idées préconçues à leur sujet soigneusement implantées par sa mère

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