AGAPES FRANCOPHONES 2011

AGAPES FRANCOPHONES 2011 11 dans une structure symétrique et axiale, repérable dans l’univers fictif d’une oeuvre. En choisissant quatre entrées (littérature, linguistique, traductologie et didactique des langues et des cultures) le comité d’organisation du colloque souhaite placer les débats dans une perspective atténuant la tendance traditionnelle à séparer les disciplines. Le vœu que nous pouvons former en organisant un tel colloque, c’est que les communications y présentées, tout en respectant la cohérence de leurs théories fondatrices, prennent conscience d’une impérieuse nécessité : refuser la disjonction entre unités séparées et closes et trouver les voies d’un dialogue ouvert et serein. 2. Des repères essentiels articulant la théorie du chronotope De nos jours, l’esthétique et la narratologie prennent le chronotope ou le «temps-espace » pour une catégorie de forme et de contenu basée sur la solidarité du temps et de l'espace dans le monde réel comme dans la fiction romanesque (Bakhtine 2008 , 236-37). Ce centre organisateur des principaux événements contenus dans le sujet de l’écriture coagule des indices spatiaux et temporels en un tout scriptural intelligible et concret : le texte. L’enjeu de la chronologie et de la topographie fictionnelles de tout acte de lecture réside dans le pacte fictif que l’écrivain réclame de son lecteur sur une diégèse fictive possible. La relation temps-espace d’un texte ou le chronotope (Bakhtine 2008 , 230-231) donne les coordonnées des axis mundi du temps toujours fictif (donnant l’illusion du réel) ainsi que de la géographie fictive (qui passe pour réelle) décrite, promis (les deux) par le pacte fictionnel. Si le chronotope prend le temps et l’espace pour une structure symétrique et axiale dans la diégèse c’est que ce rapport interroge et détermine, à la fois, le fil narratif du récit et le devenir des personnages 1 . Dans d’autres termes, le chronotope serait l’osmose entre le concret (l’espace bien fixé) et l’abstrait (le temps humain mesurable). La coalition de ces deux catégories, valorisées esthétiquement dans le texte, prises normalement pour inconcevables ensemble, renvoie au rapport illusion du 1 C’est le chronotope synthèse dans une oeuvre qui détaille : le chronotope culturel du récit et le chronotope du personnage. D’un côté c’est le cadre spatio-temporel extérieur qui marque les axes du fil narratif du récit, cela veut dire quand, où, pourquoi, avec qui et pour combien de temps telle ou telle action se déroule. De l’autre côté se situe le chronotope du devenir psychologique du personnage ou le chronotope endogène qui se propose d’expliquer d’où jaillissent les mots, les attitudes et les similitudes du personnage. Il y va d’une descente vers les tréfonds de l’être fictif dont le labyrinthe est bâti selon les mêmes lois conventionnelles établies dans le pacte fictionnel. Quant aux coordonnées qu’il donne, ce type de chronotope renvoie à l’autoscopie.

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